Les Belges se déplacent de plus en plus

BELGA PHOTO POOL PHILIP REYNAERS

Les données de mobilité indiquent que les Belges se déplacent «de nouveau plus, non seulement pour leurs loisirs, ce qui peut être moins grave, mais surtout pour leur travail», a déploré mardi Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral Covid-19, lors d’une conférence de presse de Sciensano et du Centre de crise.

«Si on se déplace, cela entraîne automatiquement une augmentation du nombre de contacts et par définition, des risques d’établissement de chaînes de transmission», a prévenu le virologue.

Contrairement aux vacances d’automne (Toussaint) et d’hiver (Noël), le congé de détente (Carnaval) «a à peine entraîné une baisse de la mobilité», a-t-il poursuivi. Les déplacements ont nettement augmenté vers les bois et vers la Côte. «Il a fait beau et c’est une situation guère problématique puisque on peut espérer qu’avec un minimum de précautions, les transmissions ne se passent pas dans ce genre de circonstances», a pointé le porte-parole.

Reprise du travail au bureau

Plus inquiétant: les déplacements pour le travail ont nettement augmenté. «Non seulement les vacances n’ont pas entraîné une forte diminution au niveau du travail mais en plus, après, on a plutôt repris sa voiture plutôt que son ordinateur à domicile», a expliqué M. Van Laethem.

«C’est une situation qu’on ne peut que déplorer. Nous ne pouvons qu’encourager à reprendre au maximum le télétravail dans toute la mesure du possible pour diminuer ces contacts au travail. Ce genre de mesures conduit dans les semaines qui suivent à une diminution des contaminations et par la suite des hospitalisations», a-t-il rappelé.

« Pas une troisième vague »

Yves Van Laethem a également affirmé que nous n’étions pas (encore) au début d’une troisième vague. Toutefois, des signes préoccupants sont observés et il ne faudrait pas «que l’arbre cache la forêt. Il faut continuer de chercher les raisons» des augmentations constatées dans les indicateurs de l’épidémie de Covid-19 et respecter strictement les mesures pour que le spectre de la troisième vague s’éloigne définitivement.

Nous traversons une «zone orageuse et nous ne savons pas encore quand le ciel va s’éclaircir» mais des lueurs d’espoir se dessinent, selon le virologue. Les hospitalisations restent préoccupantes mais l’augmentation des nouveaux cas semble ralentir, a-t-il pointé.

Le principal point positif est à trouver dans la situation des maisons de repos et de soins (MRS): les décès et les hospitalisations y baissent drastiquement, grâce à la campagne de vaccination qui se termine. A la fin de l’année 2020, 19,2% des patients hospitalisés provenaient de MRS, un taux qui a chuté à 5% actuellement. Les diminutions concordent avec l’administration des premières et surtout des deuxièmes doses du vaccin, a souligné M. Van Laethem.