Peut-on encore espérer quelques assouplissements au prochain Codeco ?

Belga / J. Geron

Après la « douche froide » de vendredi dernier, la Belgique retient son souffle. Chacun rêve d’assouplissements mais la situation sanitaire le permet-elle ? Ou au contraire se dirige-t-on vers un nouveau tour de vis ?

Que dit la situation sanitaire ?

Vendredi dernier, les autorités se sont donné une semaine de délai supplémentaire afin d’observer l’évolution de la situation sanitaire avant de trancher. Or, les chiffres ne semblent pas évoluer dans le bon sens : tous les indicateurs hospitaliers sont en hausse. La présence du variant britannique, plus contagieux, dans les contaminations en Belgique est en outre de plus en plus marquée. Sur le terrain, le personnel inquiet évoque « le début d’une troisième vague ».

Ces tendances préoccupantes pourraient-elles s’inverser d’ici le 5 mars, date du prochain comité de concertation ? Rien n’est moins sûr. La situation épidémiologique pourrait même être encore pire vendredi.

Il reste actuellement impossible de déterminer si la Belgique reste sur un plateau concernant la progression du coronavirus ou si la récente hausse des chiffres de l’épidémie représente le début d’une courbe exponentielle et d’une 3e vague, analysait ce week-end l’épidémiologiste Yves Coppieters. À ses yeux, la question ne pourra donc pas être tranchée dans une semaine.

Une croix sur les assouplissements ?

Cela signifie-t-il que l’on peut oublier le moindre assouplissement pour le mois de mars ? Pas nécessairement. « Je reste confiant et je pense qu’il ne s’agira que d’une parenthèse avant de vraies décisions d’assouplissement », a déclaré ce lundi le ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Pierre-Yves Jeholet (MR), dans les colonnes de Sud Presse.

Si les courbes ne poursuivent pas leur hausse inquiétante, il serait donc envisageable de remettre plusieurs dossiers sur la table le 5 mars. Parmi eux, celui de l’élargissement de la bulle sociale à l’extérieur (passant de 4 à 8 ou 10 personnes). Pourraient également être étudiés le retour partiel sur les campus ainsi que la fin des restrictions aux activités extrascolaires pour les plus jeunes. Et la question des voyages non-essentiels à l’étranger, l’Union européenne faisant pression pour mettre fin à leur interdiction.

En revanche, si les chiffres continuent de grimper aussi rapidement, il n’est pas exclu de revenir à des mesures plus sévères. « Il est tout à fait possible que nous ne prenions aucune décision la semaine prochaine. Et si c’est vraiment le début d’une troisième vague, il est même possible que nous nous demandions si des mesures supplémentaires sont nécessaires », avait déclaré le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Vincent Van Peteghem (CD&V), sur les ondes de VTM. Bref, « l’équilibre est difficile à trouver ».

Une lueur d’espoir ?

Face à ce tableau plutôt sombre, la vaccination semble être le seul moyen pour que la situation se décante. Encore faudrait-il qu’elle se décante rapidement, ce qui signifie mettre un sacré coup d’accélérateur à la campagne de vaccination en Belgique.

Le Conseil supérieur de la Santé doit précisément se pencher sur ce dossier en ce début de semaine avant une nouvelle conférence interministérielle (CIM) Santé mercredi. Le CSS a pour mission de répondre à trois questions posées par le ministre fédéral, Frank Vandenbroucke (sp.a).

Ces questions portent entre autres sur la possibilité d’administrer le vaccin d’AstraZeneca aux personnes de plus de 55 ans. Si la réponse est positive, cela changera la donne de la campagne de vaccination, estime le ministre interrogé par la VRT. Les deux autres portent sur la possibilité d’administrer la deuxième dose du vaccin de Pfizer 42 jours après la première et non 21 jours comme c’est actuellement prescrit. La troisième vise la possibilité de n’injecter qu’une dose des vaccins qui réclament deux doses.  

«Je veux vraiment un reset de la campagne», a déclaré  Frank Vandenbroucke, espérant qu’une réponse positive de la part du CSS à ces questions accélérera nettement la vaccination dans notre pays.

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