Comment aider son enfant à choisir son activité sportive ?

AFP / C. Manso

Meilleure endurance, moins de graisse corporelle et de risques de contracter des maladies cardiovasculaires, meilleure santé des os, réduction des symptômes d’anxiété et de dépression… Les bienfaits d’une activité physique régulière dès le plus jeune âge ne sont plus à prouver. Il n’est pourtant pas facile d’orienter son enfant vers une discipline dans laquelle il s’épanouira. Metro vous aide à faire le bon choix. 

En Belgique, on estime que seulement 30% de la population adulte répond au critère de l’Organisation Mondiale de la Santé qui recommande de pratiquer une activité physique modérée au moins 150 minutes par semaine. Chez les plus jeunes, c’est-à-dire les enfants et adolescents âgés de 5 à 17 ans, l’OMS recommande de pratiquer quotidiennement 60 minutes d’activité physique. Nos adolescents en sont pourtant bien loin avec seulement un garçon sur cinq (20%) et une fille sur huit (13%) âgés de 11 à 18 ans qui satisfont cette recommandation. Et la pandémie que nous traversons actuellement semblerait encore plus accentuer la sédentarité chez les enfants et les adolescents.

Pourtant, pratiquer une activité sportive dès le plus jeune âge est essentiel pour la santé de l’enfant, mais aussi pour celle de l’adulte qu’il deviendra. «On sait que le niveau d’activité physique d’un enfant détermine sa santé à l’instant T mais également son niveau d’activité physique et sa santé dans le futur», confirme David Thivel, chercheur en physiologie à l’université de Clermont-Ferrand. Selon lui, «restreindre l’activité physique chez les enfants, c’est aussi mettre un petit peu en danger leur santé future, si cela perdure dans le temps». «Des enfants qui ne bougent pas feront des enfants qui ne bougeront pas», confirmait en février dernier Michel Cymès dans une interview pour le média Brut.

Mais il n’est pas toujours facile de trouver l’activité physique idéale pour son enfant. Si certains se découvrent une passion dès le premier entraînement, d’autres ont plus de difficultés à trouver un sport qui les captive. C’est pourtant le facteur le plus important pour qu’un enfant pratique une activité sportive sur le long terme: la motivation. Il est essentiel qu’il trouve une discipline dans laquelle il s’épanouit pleinement, sans quoi il risque de décrocher rapidement.

Le sport oui, mais à quel âge?

Dès trois ans, vous pouvez inscrire votre enfant afin qu’il pratique une activité physique. On parle bien ici d’activité physique et non de sport dans le sens où il n’y a pas de compétition. Le but est que l’enfant développe sa motricité et sa perception dans l’espace, à base de jeux de balles ou de cerceaux. C’est à partir de 6-7 ans que l’enfant va démarrer son activité sportive. Pour qu’il trouve sa voie, n’hésitez pas à l’inscrire dans les différents stages multisports qui sont (normalement) organisés en Fédération Wallonie-Bruxelles. Il s’agit d’un excellent moyen de toucher à plusieurs disciplines, avant de poser un choix définitif.

Sport collectif ou individuel, en extérieur ou non, il n’existe pas de recette miracle permettant à un enfant de choisir sa discipline favorite. Seulement quelques erreurs qu’il vous faudra éviter en tant que parents. Une des erreurs les plus communes est de projeter vos aspirations sportives à travers votre enfant. Ce n’est pas parce que vous aimez un sport, ou que votre enfant est doué pour ce sport, qu’il est forcément épanoui. Des études ont par exemple prouvé qu’un surinvestissement des parents avait un effet négatif sur la pratique sportive de l’enfant. Il en va de même pour les parents qui ont des ambitions démesurées pour leur enfant, qui accordent trop d’importance aux résultats, ou qui n’écoutent tout simplement pas le désir de leur progéniture.

Dans le même esprit, ne fermez pas l’horizon sportif de votre enfant à cause de stéréotypes de genre. Cela fait par exemple plusieurs années que le football féminin est en vogue. Un des objectifs de l’Union belge pour les prochaines années est d’ailleurs de développer le football chez les filles. Lentement mais sûrement, le milieu très masculin du cyclisme ouvre également ses portes aux jeunes filles, alors que le peloton professionnel féminin se fait de plus en plus entendre. À l’inverse, il n’y a aucune honte à ce qu’un jeune garçon pratique de la danse ou de la gymnastique, des sports trop souvent catégorisés comme «féminins». L’important étant une fois de plus que votre enfant soit épanoui.

Des sports médiatisés, mais pas que

Sans surprise, plus un sport est médiatisé, plus il semble être pratiqué. En 2018, le football était ainsi, et de loin, la discipline qui comptait le plus d’affiliés en Belgique. Une bonne forme en partie due aux bons résultats des Diables Rouges depuis bientôt dix ans, mais aussi à la place prépondérante que prend le ballon rond dans notre petit écran. Le podium des sports les plus pratiqués en Belgique est complété par le tennis, un autre sport très médiatisé chez nous, et le basket-ball. De manière générale, d’autres fédérations ont su compter sur les bonnes performances de leurs représentants pour attirer de nouveaux affiliés. C’est notamment le cas du hockey (équipes nationales), de la gymnastique (Nina Derwael), ou de l’athlétisme (Nafissatou Thiam, les relais 4x400m…). Mais derrière ces sports « rois » se cachent d’autres disciplines, plus méconnues, qui valent la peine d’être découvertes par les enfants et leurs parents. On pense par exemple aux arts martiaux, à l’escrime, aux différents sports nautiques, voire au squash.

La liste complète des fédérations sportives agréées par l’Adeps est disponible ici.

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