Pour Emmanuel André, la troisième vague a déjà commencé

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Ce matin, le microbiologiste de l’UZ Leuven, Emmanuel André, était l’invité de l’émission « Matin Première » où il a évoqué le variant britannique en Belgique mais également la troisième vague de la pandémie.  

Ce mercredi 27 janvier, dans un rapport, les chercheurs de l’UZ Leuven et de la KU Leuven ont mis en garde contre l’avancée du variant britannique du coronavirus en Belgique. Dans ce rapport, Emmanuel André et Marc Van Ranst estiment notamment que, avant la fin du mois de février, 90% de toutes les nouvelles infections concerneront ce variant.

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Le variant anglais va devenir dominant en Belgique

Emmanuel André était invité ce jeudi matin dans la matinale radio de La Première. Le médecin et microbiologiste a confirmé son inquiétude par rapport au variant britannique.  « Ce qu’on voit c’est qu’après de multiples introductions du variant britannique, celui-ci se répand plus facilement que les autres virus qui sont là parce qu’il est plus transmissible et qu’il remplace petit à petit les autres souches circulantes. On projette, si l’évolution reste ce qu’elle est et sur base de ce qu’il s’est passé dans d’autres pays, que d’ici fin février, début mars, il est probable que la toute grande majorité des souches soient le variant britannique. Ce sera le nouveau virus qui circulera en Belgique », a déclaré l’expert.

« La troisième vague a démarré »

Emmanuel André a également été interrogé sur l’arrivée d’une potentielle troisième vague en Belgique. « Si l’évolution qu’on voit aujourd’hui se poursuit, oui c’est un phénomène de vague. C’est inéluctable. Ce sur quoi on peut agir aujourd’hui, c’est le fameux aplatissement de la courbe. On peut retarder le phénomène, on peut diminuer son amplitude. On peut aussi diminuer son impact sur la population au travers de la vaccination. En appuyant très très fort sur cette courbe, on peut la rendre moins aiguë. », a-t-il indiqué en estimant que « la troisième vague a démarré » et qu’elle avait  « le potentiel d’être très importante ».

« On peut faire beaucoup pour freiner le phénomène »

Certains trouveront son discours alarmiste. Cependant, le microbiologiste veut également se montrer rassurant. « On a aussi beaucoup d’armes en main pour mener une bataille qui soit cette fois-ci presque à armes égales », a-t-il souligné. « C’est un virus qui reste le même. On peut rompre les chaînes de transmission, on peut faire des choses qui sont entre nos mains, ceux des services de santé publique, de la population… En faisant chacun un peu plus attention dans chacun de ses gestes, on peut faire beaucoup pour freiner le phénomène », a estimé Emmanuel André.

Marius Gilbert se veut rassurant 

L’épidémiologiste Marius Gilbert était quant à lui l’invité de Bel RTL ce matin. Il a également abordé le variant britannique en Belgique. « La progression est relativement régulière depuis début décembre. Il y a donc une surveillance qui a été mise en place pour suivre l’évolution. Ce qui est inquiétant pour le moment, c’est le fait qu’il y ait cette progression. Ce qui est rassurant par ailleurs, c’est le fait que ça ne se traduit pas encore au niveau des transmissions: le nombre des nouveaux cas n’évolue pas rapidement, les nouvelles hospitalisations fluctuent mais sont plutôt constantes », a-t-il expliqué.

Belga / Nicolas Maeterlinck

Marius Gilbert a expliqué qu’il fallait se tenir prêt à intervenir rapidement si nécessaire mais que pour l’instant, « nos digues tiennent bien ». Enfin, il a estimé que le variant brésilien et le variant sud-africain étaient moins menaçants que prévu. Et ça, c’est une bonne nouvelle !