Cinq BD à lire pour bien commencer l’année

Ph. T. Wallemacq

2021 a désormais bel et bien commencé et ce début d’année a déjà été très riche en sorties BD. Parmi les dizaines de titres déjà publiés, voici cinq albums que nous avons particulièrement appréciés.

Pacific Palace

Depuis quelques années, Spirou s’offre une seconde jeunesse, revisité par de nombreux auteurs et dessinateurs. En ce début 2021, c’est Christian Durieux qui s’y colle. « Pacific Palace » raconte l’histoire d’un drôle de confinement. Groom dans un prestigieux hôtel, Spirou et quelques membres du personnel vont devoir vivre isolés et coupés du monde quand un riche dictateur en fuite va s’installer quelques jours dans l’établissement. Le tyran n’est pas venu seul. Il est notamment accompagné de sa fille, une discrète et charmante jeune femme qui ne laisse pas Spirou insensible. Entre thriller politique et romance adolescente, Christian Durieux livre un récit à la fois captivant et poétique. L’artiste belge a également collaboré avec Mark Daumail du groupe pop/folk Cocoon qui a composé un EP de deux titres, également baptisé « Pacific Palace », inspiré de l’album. Un beau projet à lire et à écouter donc !

« Pacific Palace », de Christian Durieux, éditions Dupuis, 80 pages, 16,5 €

Yellow Cab

En 2015, l’écrivain, scénariste et réalisateur français Benoît Cohen s’est lancé dans une expérience un peu folle pour trouver l’inspiration : devenir chauffeur de taxi à New-York. Pendant de longs mois, il a traversé les nombreuses étapes pour obtenir le précieux sésame – sa licence de taximan – et vivre son « rêve américain ». Dans un premier temps, « Yellow Cab » raconte ce véritable parcours du combattant. Ensuite, au fil des courses et des rencontres, il plonge le lecteur dans le quotidien d’un chauffeur de taxi. En 162 planches, Chabouté adapte brillamment ce roman en BD. Son dessin en noir et blanc retranscrit parfaitement l’émotion mais aussi parfois la misère sociale qui ressortent de cette aventure humaine. En ces temps de pandémie, « Yellow Cab » est aussi l’occasion idéale de voyager, de (re)plonger dans les rues de « la Grosse Pomme », de retrouver son architecture emblématique et son ambiance unique.

« Yellow Cab », de Chabouté, éditions Vents d’Ouest, 176 pages, 22 €   

Le Plongeon

À 80 ans, Yvonne arrive à un tournant de sa vie. Quelques mois après avoir perdu son mari, il est temps pour elle de vendre sa grande maison à la campagne, d’euthanasier son vieux chien et de rentrer dans une maison de retraite. Pour Yvonne, c’est l’occasion de découvrir un nouvel univers, pas toujours réjouissant, mais aussi de faire des nouvelles rencontres. À travers l’histoire de cette grand-mère, Séverine Vidal et Victor Pinel plongent le lecteur à l’intérieur d’un Ehpad, ainsi que dans la tête et dans le corps d’une femme de 80 ans. « Le Plongeon » est rempli d’émotions, parfois de tristesse et souvent de rire. On y retrouve la patte de Victor Pinel qui nous avait déjà bouleversés l’an passé avec « Puisqu’il faut des hommes ». Il prouve une nouvelle fois son talent pour transmettre de l’émotion grâce à son dessin.

« Le Plongeon », de Vidal et Pinel, éditions Grand Angle, 80 pages, 17,9 €

Ne m’oublie pas

Clémence s’apprête à passer le concours d’entrée à l’école nationale de théâtre. Mais son quotidien va être bouleversé lorsqu’elle va apprendre la détresse de sa grand-mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer. Elle a déjà fugué trois fois de sa maison de retraite et le personnel envisage un traitement médicamenteux pour la calmer. Dans sa tête, elle a 20 ans et elle vit chez ses parents. Touchée par l’état de sa grand-mère, Clémence décide de la sortir de là et de quitter Liège avec elle, pour l’emmener à 500 km de là, là où elle a grandi. Avec « Ne m’oublie pas », Alix Garin emmène les lecteurs dans un road-trip profondément touchant et émouvant, teinté de nostalgie, durant lequel une jeune femme un peu perdue tente de faire remonter des souvenirs dans la mémoire de sa grand-mère atteinte d’Alzheimer.

 « Ne m’oublie pas », d’Alix Garin, éditions Le Lombard,  224 pages, 22,5 €

Le Labo

« Le Labo » revisite l’histoire de la micro-informatique. Il plonge les lecteurs en 1975 quand une entreprise française de photocopieuses lance un nouveau pôle pour développer les technologies du futur. C’est ainsi qu’une bande de geeks, bien aidés par des substances quelque peu illicites, vont plancher sur le futur et développer le prototype du premier micro-ordinateur « qu’une femme ou qu’un enfant pourrait utiliser », équipé « d’une sorte de télécommande filaire » et qui fonctionne en réseau. Mais entre les relations souvent compliquées au sein de l’équipe et le fait qu’à l’époque peu de gens croyaient en eux, l’aventure du Labo est laborieuse. Entre réalité et fiction, « Le Labo » revient merveilleusement bien sur l’essor de l’informatique au milieu des années 70. Les clins d’œil sont nombreux. On y retrouve même des visages connus comme celui de Steve Wozniak. Une aventure passionnante, amusante et instructive recommandée à tous les geeks !

« Le Labo », de Bourhis et Varela, éditions Dargaud, 112 pages, 18 €  

Thomas Wallemacq