Les Pays-Bas imposent un couvre-feu strict jusqu’au 9 février au moins

Ph. ANP

Les Pays-Bas vont instaurer un couvre-feu nocturne, valable de 21h00 à 04h30, à partir de samedi, a déclaré jeudi le ministre néerlandais de la Justice, Ferdinand Grapperhaus, après un débat au Parlement sur la crise du coronavirus.

Le gouvernement démissionnaire de Mark Rutte avait proposé un couvre-feu dès 20h30 mais s’est heurté à la résistance de la Chambre basse du Parlement néerlandais. Plusieurs partis ont alors proposé de reculer d’une demi-heure le couvre-feu.

M. Rutte avait annoncé mercredi son intention d’instaurer un couvre-feu, mais avait précisé souhaiter un «soutien suffisant» du Parlement. Son initiative s’est heurtée notamment à l’opposition de certains députés, dont le chef de file d’extrême droite Geert Wilders, qui trouve la mesure «disproportionnée». Le couvre-feu doit durer au moins jusqu’au 9 février.

Par cette mesure, les autorités néerlandaises espèrent réduire le nombre de contaminations par le coronavirus. Un avis de l’équipe de gestion des épidémies (OMT) indiquait que le couvre-feu peut faire baisser le taux de reproduction du virus aux Pays-Bas de 8 à 13%. Retarder d’une demi-heure son entrée en vigueur n’aura «qu’un très léger effet» sur ce pourcentage, estime-t-elle. «Ce pourrait être 7 à 12% désormais», un effet qui reste «important». «Cela force les gens à rester à la maison en soirée.»

«En fin de compte, ce ne sont pas les mesures qui font la différence, mais notre comportement», a ajouté le ministre de la Santé Hugo de Jonge devant les parlementaires.

En affaires courantes

Rutte et son gouvernement ont démissionné vendredi à la suite d’un scandale lié aux allocations familiales, mais ils continuent de gérer les affaires en cours jusqu’aux élections législatives, prévues le 17 mars.

La Haye avait annoncé à la mi-décembre une nouvelle série de mesures pour lutter contre le Covid-19, les plus sévères imposées aux Pays-Bas depuis le début de la crise sanitaire. Les commerces dits non-essentiels notamment sont fermés, au même titre que les écoles mais aussi les cafés et restaurants qui sont, eux, déjà soumis à une fermeture depuis la mi-octobre. Bien que ces mesures, toujours en vigueur, soient qualifiées de «confinement» par les autorités néerlandaises, le pays n’est pas soumis à des restrictions de déplacement.