Deux policières bruxelloises toujours en service malgré leurs propos racistes et choquants

Dans une vidéo filmée lors d’une patrouille, deux policières tiennent des propos racistes envers les habitants de plusieurs quartiers bruxellois. On apprend aujourd’hui qu’elles sont encore en service.

Les faits remontent à octobre 2018. Mais la vidéo, restée secrète jusqu’à présent, a été diffusée ce jeudi matin par plusieurs médias.

« Tous des macaques », « Qu’est-ce que ça pue ici ! »

Sur les images, on voit et entend deux policières de la zone de police Midi se filmant lors d’une patrouille. Alors qu’elles traversent divers quartiers d’Anderlecht, vitre baissée, elles tiennent divers propos racistes. « Lemmens, Lemmens. Tous des macaques ouh ouh. Lemmens. On n’a pas peur. On vous emmerde », « Square Albert, qu’est-ce que ça pue ici ! », « Bande de grosses tapettes », lancent notamment les deux femmes en riant et en dansant.

À l’époque, le film n’avait pas été dévoilé de peur qu’il provoque « des ennuis considérables à la zone de police » et que « cette vidéo donne lieu à des manifestations hostiles dans les quartiers sensibles d’Anderlecht », écrivait un commissaire dans un rapport à son supérieur.

Les deux policières toujours en service

Aujourd’hui, la DH indique qu’une seule de ces policières avait finalement fait l’objet d’une procédure devant le Conseil d’Etat mais que cette procédure avait finalement été annulée car la proposition de sanction a été notifiée trois jours trop tard. La policière qui était installé sur le siège passager avait quant à elle accepté une suspension temporaire d’un mois et une retenue de salaire de 25 % pour la même durée.

Néanmoins, ces deux policières sont toujours en service aujourd’hui.

« Des faits d’une gravité extrême »

La diffusion de cette vidéo de 2018 a suscité de nombreuses réactions. « Ce sont des faits d’une gravité extrême qui sont relatés. Je demande que cette affaire soit mise à l’ordre du jour de notre prochain conseil de police lundi prochain pour que nous puissions faire toute la transparence et envisager des sanctions », souligne Sofia Bennani (cdH), conseillère de police dans la zone Midi.

« Ceci mérite une sanction sévère », a indiqué sur Twitter Fadila Laanan, députée au Parlement bruxellois.

« Il y a clairement une rupture de confiance envers la police »

« Trop de faits de racisme sont relatés dans le chef de certains policiers. Après l’affaire Ibrahima et au vu des émeutes qui ont eu lieu, il y a clairement une rupture de confiance envers la police. Il nous faut à tout prix la restaurer et le dialogue est une voie essentielle », a estimé Pierre Kompany, député humaniste au Parlement bruxellois et père de Vincent Kompany.

C’est « douloureux car cela ne fait pas de bien à l’image de la police », a quant à lui déclaré Jurgen De Landsheer, chef de corps de la police zone Midi