Contaminations en hausse : quelles mesures défendent les experts ?

Belga / N. Maeterlinck

Voici quelques jours que le nombre moyen d’infections au coronavirus est reparti à la hausse. De plus, les nouveaux variants soulèvent des inquiétudes en Belgique. Faut-il s’alarmer? De nouvelles mesures, comme la fermeture de nos frontières, doivent-elles être envisagées ? Sur ces questions, les experts belges sont divisés.

Si les hospitalisations restent à la baisse, la Belgique a enregistré en moyenne 2.070,2 cas quotidiens de Covid-19 entre le 3 janvier et le 9 janvier, en hausse de 30% par rapport à la semaine précédente.

L’augmentation du nombre de cas de nouveaux variants sur notre territoire tient par ailleurs les experts en alerte. «Neuf nouveaux variants plus contagieux ont été détectés en Belgique », annonçait ce mercredi Emmanuel André. « Pour la première fois, nous avons mis en évidence un variant B.1.351 (« Sud Africain ») chez une personne qui n’avait pas voyagé. »

Fermer les frontières pour lutter contre les variants

Face à la propagation du variant britannique du coronavirus, le biostatisticien Geert Molenberghs (UHasselt/KU Leuven) suggère d’envisager la fermeture des frontières.

Cette décision serait «une mesure judicieuse d’un point de vue épidémiologique», affirme-t-il, car elle nous donnerait le temps d’acheter des vaccins. «Parce qu’une fois que le variant apparaît, il est trop tard. Nous devons tout mettre en œuvre pour éviter cela et freiner sa propagation chez nous».

Pas de vacances, pas d’assouplissements

Son collègue Marc Van Ranst estime, quant à lui, que les règles pourront être assouplies dans deux mois au plus tôt, «à moins que la politique n’en décide autrement», peut-on lire dans Het Laatste Nieuws. D’après lui, nous n’atteindrons le seuil de 75 hospitalisations que dans cinq à six semaines. Ensuite, trois semaines supplémentaires seront nécessaires pour «consolider» la situation.

Sans évoquer la fermeture des frontières, Yves Coppieters prône quant à lui de déconseiller, voire interdire, les vacances. Interrogé sur le plateau de RTL-TVI, le professeur de l’ULB a été très clair : « lors des prochaines vacances, en février, on sera encore dans une intensité forte de l’épidémie en Belgique donc je pense qu’il faut absolument déconseiller les vacances. C’est un choix politique de les interdire ou non… Je ne sais pas si c’est possible dans la société d’interdire des vacances. Mais je pense qu’il faut continuer de les déconseiller. »

Changer de stratégie de vaccination

Interrogé sur la proposition de retarder l’administration de la seconde dose Pfizer afin de vacciner plus de monde plus rapidement, Yves Coppieters estime que c’est un scénario sur lequel les autorités devraient se pencher. « On voit que les Américains, les Anglais et d’autres pays européens retardent l’administration de la deuxième dose. On peut être plus larges que les trois semaines prescrites dans le protocole. L’important est de vacciner les personnes fragiles, celles qui remplissent les hôpitaux. Et ensuite d’administrer cette seconde dose ».

Enfin, de son côté, le porte-parole interfédéral Yves Van Laethem a qualifié la situation actuelle de « fragile et hésitante» : « il pourrait y avoir une recrudescence dans les semaines qui viennent, même si une diminution peut aussi reprendre.» En clair : il n’est pas encore l’heure de tirer la sonnette d’alarme.

Alors que les mesures actuelles ont été prolongées jusqu’au 1er mars, le comité de concertation a convenu de se réunir le 22 janvier prochain pour évaluer une nouvelle fois la situation. « Des adaptations sont éventuellement toujours possibles à ce moment si la situation le permet », commentait-on mercredi au cabinet du Premier ministre Alexander De Croo.