Comment les aides Covid reviennent finalement à l’Etat

BELGA PHOTO ALINE BRUGMANS

Droit passerelle, chômage temporaire, primes… Le gouvernement a mis en place toute une série de mesures pour aider les travailleurs impactés par la pandémie de coronavirus. Mais attention à la facture fiscale pour ces aides reçues en 2020.

C’est une prime qui a beaucoup fait parler d’elle. Pour remercier le personnel soignant de son travail, le gouvernement wallon avait débloqué une prime de 985€ par personne. Sauf qu’après déduction d’impôts, les travailleurs du secteur de la santé n’ont touché que 370€ net, ce qui en a fait déchanter plus un. « On ne voulait pas de cette prime car on savait bien qu’elle allait être fortement taxée, même si s’apercevoir qu’on est taxés à 62%, ça révolte beaucoup de mes collègues », avait par exemple déclaré une infirmière interrogée par 7sur7.

Le droit passerelle dans le viseur

Mais le secteur de la santé n’est pas le seul qui devrait vivre cette mésaventure, une bonne partie de l’argent avancé par l’Etat grâce aux mesures Covid devant également retourner dans sa poche. C’est notamment le cas du droit passerelle de crise, un montant brut destiné aux indépendants qui ont dû fermer partiellement ou totalement leur activité à cause du coronavirus.

Comme le rappelle Sudpresse, cette indemnité pour les indépendants et les professions libérales est taxée à 16,5%, à condition que les indemnités reçues ne dépassent pas les bénéfices imposables des quatre années précédentes. Les indemnités dépassant ce bénéfice net imposable seront, elles, imposées à un taux progressif d’imposition pouvant grimper jusqu’à 50%! Attention donc à la mauvaise surprise si vous n’avez pas gardé une partie de ces indemnités de côté. De son côté, l’Echo rappelle également que ces indemnités entrent dans le calcul des lois sociales, dont une régularisation sera effectuée en 2022.

Le chômage temporaire

Si vous êtes salariés, il y a de fortes chances que votre employeur vous ait mis pendant plusieurs semaines en chômage temporaire. Vous avez donc reçu une allocation correspondant à 70% de votre rémunération moyenne, ce qui ne vous empêchera pas de (sûrement) devoir payer plus d’impôts en 2021. « Un précompte professionnel est prélevé sur ces montants. Il s’agit d’une avance sur l’impôt. Mais le taux de ce précompte n’est que de 15 % au lieu des 26,75 % habituels. Donc, il faut s’attendre à avoir une majoration l’année prochaine car il n’y a pas assez de prélèvement sur les montants perçus », détaille dans les colonnes de Sudpresse Perrine Rudewiez, avocate fiscaliste chez Afschrift.

Les primes d’encouragement

On l’a vu avec l’exemple du personnel soignant, les primes d’encouragement et indemnités régionales liées à la pandémie sont, elles aussi, fortement taxées. Ce qui avait fait bondir le cdH, dans l’opposition, et la CSP, qui demandaient que ces primes soient défiscalisées. Une demande qui ne sera pas entendue par le gouvernement wallon. « Nous acceptons toutes les critiques mais nous agissons du mieux que nous le pouvons avec les moyens financiers de la Région wallonne. Si nous pouvions avoir une création de richesse importante, nous pourrions avoir plus de largesses », a expliqué le ministre-président Elio Di Rupo, qui a également rappelé que la défiscalisation « ne peut être décidée qu’au niveau fédéral ».