Une enquête a été ouverte contre le ministre français Dupond-Moretti

AFP / Charles Platiau

Une enquête judiciaire visant le ministre de la Justice français, Eric Dupond-Moretti, pour des soupçons de « prise illégale d’intérêts » liés à ses anciennes fonctions d’avocat été ouverte mercredi à la Cour de justice de la République (CJR), a annoncé le parquet général près la Cour de cassation.

Le parquet général près la cour de Cassation était tenu d’ouvrir cette information judiciaire après l’avis favorable rendu vendredi par la commission des requêtes de la CJR, composée de hauts magistrats et qui fait office de filtre.

Celle-ci a jugé recevables les plaintes déposées par l’association Anticor, et trois syndicats de magistrats (SM, USM, Unité magistrats SNM FO) qui accusent le ministre de conflits d’intérêts.

Au coeur des accusations contre le ministre, les poursuites administratives qu’il a ordonnées contre deux magistrats du parquet national financier (PNF) qui avaient participé à une enquête préliminaire visant à identifier la taupe qui aurait informé l’ancien président français Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog qu’ils étaient sur écoute.

Une de ces plaintes reproche également au ministre d’avoir ouvert une autre enquête administrative à l’encontre du juge Edouard Levrault qui avait dénoncé, après la fin de ses fonctions comme juge d’instruction à Monaco, avoir subi des pressions. Avant de devenir ministre, Eric Dupond-Moretti avait été l’avocat d’un des policiers mis en examen par ce magistrat et avait critiqué les méthodes du juge.

Un autre ministre également visé

Une enquête préliminaire pour «prise illégale d’intérêts» vise également le ministre français des Outre-mer Sébastien Lecornu pour ses activités passées à la tête du département de l’Eure, a indiqué le Parquet national financier (PNF), confirmant des informations du Canard enchaîné et de Libération.

Cette enquête a été ouverte en mars 2019 des chefs de « prise illégale d’intérêts » et d’ »omission de déclaration à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique ». Elle a été confiée à l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales.