Quand George Clooney tente de sauver l’humanité : « The Midnight Sky est le film le plus difficile que j’ai jamais fait »

Ph. Netflix

Tous les trois ans, George Clooney ressent une forte envie de s’installer derrière la caméra. Et cela donne des films très différents. Après des comédies telles ‘Confessions of a Dangerous Mind’, des drames tels ‘Good Night and Good Luck’ et des thrillers tels ‘The Ides of March’, il s’attaque avec le film pour Netflix ‘The Midnight Sky’, à la science-fiction. Il y joue lui-même un scientifique esseulé qui veut avertir des astronautes revenant sur Terre que la fin du monde a commencé.

‘The Midnight Sky’ parle de la fin du monde, mais vous n’expliquez jamais ce qui se passe exactement. Pourquoi ?

George Clooney : « Parce que votre imagination est, par définition, beaucoup plus puissante que ce que je pourrais montrer. Vous pouvez décider vous-même de ce qui a été finalement la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Le climat a-t-il fait un trou dans la couche d’ozone ? Une guerre nucléaire a-t-elle éclaté ? Mais cela ne change rien. Nous savons tous que la fin du monde n’est pas totalement inimaginable en soi. Dans 30 ans, époque où se passe l’histoire, on peut vraiment en être arrivé là. La question est alors : est-ce que ça vaut la peine de se battre pour l’humanité ? Et la réponse du film est ‘Oui’. Cela me donne de l’espoir. »

Vous avez déjà bien entamé la réalisation du film quand votre actrice principale, Felicity Jones, vous a annoncé tout d’un coup qu’elle était enceinte. Vous avez décidé finalement que son personnage aurait aussi le ventre rond. Une décision facile à prendre ?

« Je peux vous dire en tous les cas que cela a été une grande surprise quand Felicity nous a annoncé la nouvelle. Mais en y réfléchissant un peu, j’ai réalisé que c’était un cadeau du ciel pour le film. L’histoire parle, en fin de compte, de l’avenir de l’humanité, et son ventre rond vous le rappelle sans arrêt. En fait, j’aurais dû avoir cette idée beaucoup plus tôt. Merci, Felicity ! (rires) »

Avec tant d’action et tous ces effets spéciaux, ‘The Midnight Sky’ a dû être un fameux défi. J’imagine que vous en avez vu de toutes les couleurs, tant pour les scènes sur Terre que dans l’espace…

« C’est certainement le film le plus difficile que j’ai jamais fait, en tant qu’acteur et en tant que réalisateur. Je n’étais pas certain de pouvoir y arriver, pour être honnête. Heureusement, beaucoup de gens m’ont aidé, d’abord et surtout mon grand ami et coproducteur Grant Heslov. Nous nous connaissons depuis 40 ans. Nous étions dans la même classe d’art dramatique. En 1982, il m’a prêté 100 $ pour que je puisse faire faire mes premiers portraits. D’ailleurs, ces photos, je les utilise toujours. Elles sont superbes ! (rires) »

Comment vivez-vous cette pandémie de Covid ?

« Comme tout le monde, je m’occupe de la lessive et du ménage. Je fais la vaisselle. Je change des langes. Pas les miens, j’ai des jumeaux en bas âge (rires) ! De manière générale, j’ai constaté que je parviens encore à me débrouiller. À l’époque où je vivais seul dans un appartement, je devais parfois réparer des trucs, et j’arrive toujours à le faire. Je peux installer une nouvelle lampe. Je peux démonter l’évier et le remonter. Je suis très heureux de ne pas avoir oublié comment faire ces choses. »

 

« The Midnight Sky » : un voyage cosmique hautement cinématographique

En 2049, un seul humain vit sur la Terre, dévastée par un événement apocalyptique : Augustine Lofthouse, un scientifique. Au même moment où une équipe d’astronautes revenant d’une mission tente de le contacter, Augustine découvre qu’il n’est pas aussi seul qu’il le croyait… Pour son septième opus derrière la caméra (‘Les Marches du pouvoir’, ‘Suburbicon’), George Clooney, barbu et isolé, nous emmène dans un voyage cosmique. Hautement cinématographique (ses scènes dans l’espace seront plus impressionnantes sur grand écran) et questionnant notre capacité à communiquer, ce récit mélancolique sur des humains isolés résonne particulièrement en temps de pandémie. N’attendez pas de grosse baston : on est davantage dans la méditation spatiale que dans le film d’action.