Un Noël particulier, ça n’est pas une première !

Ph. DR

On voit souvent Noël comme une fête immuable, que rien ne saurait perturber. Le Noël 2020 sera pourtant très particulier, Covid-19 oblige. Mais ce ne sera pas la première fois que Noël se célèbre dans un cadre hors du commun. Tour d’horizon des années qui se sont distinguées avec des réveillons spéciaux. 

Noël 336 

Ce Noël ne pouvait qu’être particulier. Et pour cause : il était le premier du genre ! C’est en tout cas la première célébration de la naissance du Christ dont on ait connaissance. Les Chrétiens goûtaient alors à une liberté nouvelle, suite à la conversion des empereurs romains, qui leur ont permis de vivre leur foi après des années de vie cachée.

Noël 1870 

La capitale française est aux mains de l’armée prussienne. Les Parisiens manquent de tout : charbon, gaz et nourriture. Mais Noël arrive, et ils ne comptent pas se priver d’un moment de répit. De nombreuses familles décident alors de mettre dans leurs assiettes chevaux, chiens, chats, mulets et rats. On laisse chacun se faire une idée de l’intérêt gustatif de ce repas, mais sans aucun doute, l’envie de passer du bon temps en famille était présente.

Noël 1914 

La guerre fait rage depuis près de six mois en Europe. Les combats sont particulièrement violents, les soldats ont commencé à s’enterrer dans des tranchées afin de bloquer l’ennemi. En Belgique, la ligne de front se trouve au niveau de la frontière française. Et là, on a parfois assisté à des miracles. Le long de certaines tranchées, des soldats ont installé des sapins. Pour quelques heures, ils ont posé leurs armes, et parfois même discuté avec leurs ennemis. Ces scènes se répéteront plusieurs fois de Noël 1914 à Noël 1917. On verra même des soldats des deux camps sortir de leurs tranchées pour fraterniser le temps d’une soirée magique (des moments racontés dans le film « Joyeux Noël », avec Dany Boon). Cela ne les empêchera tout de même pas de reprendre leurs affrontements acharnés dès le lendemain.

Noël 1944

Cette période restera dans les mémoires comme un hiver froid et meurtrier pour les habitants de l’Ardenne. Le 16 décembre, les troupes nazies ont lancé une contre-offensive pour espérer mettre un terme à la reconquête alliée lancée en juin 1944. Pour beaucoup, c’est un Noël dans les abris qui s’annonce. Pour d’autres, il est tragique : le soir de la veille de Noël, 34 jeunes gens de la région de Bande, dans le Luxembourg belge, ont été exécutés par les soldats nazis.

Noël 1969

En 1968, une nouvelle forme de grippe se répand sur la planète. Cette grippe de Hong Kong arrive en Europe début 1969, et provoque une hécatombe lors de l’hiver 69/70 : en deux mois, la France enregistre 35.000 morts (l’équivalent de la première vague de Covid, mais pour une population moins importante). Pour ce Noël 1969, quelques familles s’adaptent et portent le masque, afin de limiter le risque de contagion. Le phénomène n’est pourtant pas généralisé : ni les autorités, ni le public, ni les médias ne se soucient de cette « épidémie passagère ». « Un présentateur d’un journal télévisé parle de la grippe de 68 comme du dernier cadeau de Noël qui fait des millions de malades et quelques morts », raconte Bernardino Fantini, historien de la médecine, dans Le Temps.

Noël 1999

Les préparatifs de Noël allaient bon train en la fin de l’année 1999. Mais mi-décembre, quelques météorologues s’inquiètent : deux puissantes tempêtes semblent prendre forme dans l’Océan Atlantique. Au fil des jours, leurs pires prédictions se confirment : Lothar et Martin vont frapper l’Europe, et de la plus violente des manières. Si le jour de Noël bénéficie encore d’un calme relatif, les habitants des régions situées sur sa trajectoire se préparent. Les uns fixent tout ce qui pourrait s’envoler dans le jardin, les autres consolident des volets abîmés… Toutes ces précautions étaient bien nécessaires. Le 26, des vents violents s’abattent sur l’ouest de la France, puis se dirigent vers le sud de la Belgique et le centre de l’Allemagne. Quelque 140 personnes trouvent la mort à cette occasion. Des millions d’habitants finissent les fêtes de Noël à la bougie, en attendant que l’électricité soit rétablie.

 

Un Noël 2020 Covid-safe 

Un Noël en petit comité, sans grande réunion de famille, est sans doute «la meilleure option» en ces temps de pandémie pour la majorité des pays, estime l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). «C’est incroyablement difficile parce que, particulièrement pendant la période des fêtes, nous voulons vraiment être avec notre famille. Mais dans certains cas, ne pas tenir de réunion de famille est l’option la plus sûre», estime Maria Van Kerkhove, chargée de la gestion de la pandémie à l’OMS. Pour elle, une célébration commune par visioconférence pourrait être la solution. «Même si vous ne pouvez pas célébrer ensemble cette année, vous pouvez trouver des moyens de célébrer quand tout cela sera fini», a-t-elle anticipé. Pour se consoler, on pourra toujours se dire que nos aînés ont connu des réveillons de Noël plus difficiles.