Outdoor: Le concept «Leave no trace», une nouvelle nécessité

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Le programme «eave No trace» (Ne pas laisser de trace), vient des États-Unis. Il affirme sept principes pour éviter que les visiteurs d’espaces naturels n’aient un impact négatif sur les territoires qu’ils visitent. Indispensable, alors que de plus en plus de citadins veulent profiter des joies de la nature.

Cet été, nombre de vacanciers ont redécouvert le tourisme local, et notamment la randonnée. Cet attrait pour un tourisme de proximité, qui nécessite peu de transports et fait vivre les acteurs locaux du tourisme, avait tout pour être une bonne nouvelle. Seule ombre au tableau: les prairies, zones humides et forêts ont parfois été dégradées par des randonneurs pas toujours consciencieux, ou conscient de l’impact qu’ils peuvent avoir.

Des problèmes…

Face à ce nombre croissant de visiteurs des espaces naturels, les amateurs de grand air appellent à une prise de conscience afin de limiter les dégâts. Certaines autorités ont pris des mesures. À Aywaille, le bourgmestre a restreint l’accès à la promenade du Ninglinspo afin de régler le problème de la surfréquentation. À Houffalize, l’aire de bivouac des Tailles, situé sur le trek Escap’ardenne, a été fermée en réponse aux trop nombreuses incivilités (flore abîmée, déchets abandonnés, bruit…).

 

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Cette décision ne surprend pas le bloggeur ardennais Julien Libert (Sentiers de Phoenix). «La nature n’est pas un dû, c’est quelque chose que l’on doit respecter. D’autant plus en Belgique, où son accès est extrêmement réglementé. Je suis déçu, fâché, mais absolument pas surpris de cette fermeture. Ce n’est pas cette décision qui m’offusque, mais les dégradations commises par les personnes qui profitent de ces aires sans aucun respect», déplorait-il sur son blog cet été.

Ph. C. Goret

… et des solutions

Il est pourtant possible de visiter les espaces sauvages tout en les respectant. Des règles simples existent, mais encore faut-il les connaître. Le principe «Leave No Trace» a l’avantage de régler nombre des problèmes posés par la surfréquentation. Les principaux vendeurs de matériel outdoor (Lecomte Alpi Rando, Décathlon…) en font désormais la promotion sur leurs sites. Les membres de club de randonnées s’y montrent aussi de plus en plus sensibles. Reste à voir si ses principes, contraignants, seront adoptés par les nouveaux adeptes d’espaces naturels. À défaut, le risque est grand de voir se multiplier les interdictions.

 

Les sept principes de «Leave No Trace»

Pour voyager responsable, il est nécessaire de limiter autant que possible son impact sur l’environnement qui nous accueille.

1. Prévoir

Avant de partir, vérifiez la réglementation des sites que vous allez visiter. Certains sites doivent être laissés en paix pendant les périodes de reproduction (certaines zones des Hautes Fagnes au printemps, par exemple). Ce n’est pas sans raison, et les spécialistes de la biodiversité insistent sur la nécessité de respecter ces consignes. Il est également bon de se renseigner afin de s’y rendre en dehors des pics de visite, pour ne pas surcharger la nature. Partir en petit groupe contribue également à limiter l’impact des visiteurs. Enfin, organisez-vous pour minimiser vos déchets, afin de ne pas avoir de difficultés à tous les rapporter avec vous.

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2. Utiliser des surfaces durables

Il est parfois tentant de couper à travers une prairie ou une forêt, pour avoir l’impression de découvrir un espace vierge. Pourtant, cela a un impact négatif sur la flore, qui peut souffrir du piétinement du sol, ou même favoriser l’érosion… Essayez donc de rester sur les sentiers, qui permettent de limiter les dégâts. Cela est encore plus vrai dans les zones très fréquentées. Pour passer la nuit en nature, privilégiez les aires de bivouac. Cela évitera que la faune ne soit perturbée par l’installation d’humains un peu partout sur son habitat.

3. Gérez vos déchets

Il est indispensable que chaque visiteur reprenne avec lui ses déchets. On entend parfois que les «déchets végétaux sont biodégradables». C’est vrai, mais il n’empêche qu’ils modifient des équilibres souvent fragiles. Et la multiplication du nombre de touristes dans les espaces naturels ne fait qu’accentuer la nécessité de diminuer l’impact de chacun. Si vous devez vous laver, utilisez un savon biodégradable. Enfin, n’utilisez pas de liquide vaisselle si vous n’avez pas accès à un système de traitement des eaux.

4. Laissez la nature intacte

Se promener en plein air est une chance. Veillez toutefois à ne rien modifier là où vous passez, afin que les suivants bénéficient eux aussi de cette chance. Cela implique de ne pas cueillir de fleurs, de ne pas construire de structures avec les branches… En un mot: essayez de tout laisser comme à votre arrivée.

5. Gare au feu

Une fois le soir venu, ceux qui passent la nuit en pleine nature peuvent ressentir l’envie d’allumer un feu. Il est recommandé de ne faire cela que sur des aménagements prévus. À défaut, creusez un trou de quelques centimètres ou vous mettrez vos morceaux de bois (des branches trouvées au sol) à brûler. Il est également nécessaire de se contenter d’un petit feu, pour limiter l’impact sur le sol et la végétation.

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6. Respectez la vie sauvage

Observer les animaux est toujours plaisant. Soyez le plus discret possible, afin de ne pas perturber leurs habitudes. Il convient d’être encore plus discret lors des périodes de reproduction, pour ne pas menacer la reproduction de l’espèce. Enfin, sachez qu’il est nuisible de nourrir les animaux sauvages. Ils sont tout à fait capables de se débrouiller, et là encore, intervenir pourrait bouleverser un équilibre déjà fragile.

7. Respectez les autres usagers

Cyclistes, randonneurs, cavaliers… Nous sommes nombreux à profiter paisiblement de la nature. Veillez à ce que vos activités ne gênent pas les celles des autres. Attention aussi à votre volume sonore: laissez donc les sons de la nature prendre le dessus.