Brussels Airlines ne demandera pas de preuve de vaccination

Belga / Bruno Fahy

Ni Brussels Airlines ni sa maison-mère Lufthansa n’ont l’intention de demander une preuve de vaccination aux passagers pour leur permettre de monter à bord de leurs avions, ont indiqué la compagnie aérienne belge et le groupe aéronautique allemand.

Tôt ou tard, il deviendra cependant obligatoire de présenter un test négatif ou une preuve de vaccination, estime pourtant Brussels Airport.

La compagnie aérienne australienne Qantas a annoncé lundi qu’elle comptait rendre la vaccination contre le Covid-19 obligatoire pour tous les passagers de ses vols internationaux dès qu’un vaccin sera disponible pour le public. Pour son patron Alan Joyce, cette exigence va probablement devenir « courante » dans le secteur.

La mise en place d’une telle mesure n’est cependant pas à l’ordre du jour chez Brussels Airlines, indique une porte-parole mardi. La compagnie avait toutefois procédé vendredi dernier à un premier vol d’essai lors duquel tous les passagers devaient passer un test rapide de détection du Covid-19 à l’avance. Seuls ceux dont le résultat était négatif étaient autorisés à embarquer.

Même son de cloche au sein du groupe Lufthansa, qui renvoie vers les différents gouvernements, à qui reviendraient de telles décisions sur les conditions de voyage.

Le patron de Brussels Airport ne voit en tous les cas pas la stratégie de Qantas d’un mauvais oeil. « Tôt ou tard, avoir une preuve de vaccin ou d’un test négatif deviendra obligatoire », prédit ainsi Arnaud Feist, interrogé en marge d’une visite de travail du Premier ministre Alexander De Croo à l’aéroport. Il voit l’exemple australien s’étendre progressivement à d’autres compagnies aériennes. « Cela renforce en tous cas le sentiment de sécurité », pointe-t-il.

Une situation « dramatique »

Le Premier ministre Alexander De Croo s’est en effet déplacé mardi à Brussels Airport afin de rencontrer et de soutenir la communauté aéroportuaire, très fortement touchée par la crise du coronavirus.

Cela a été l’occasion pour l’aéroport mais aussi pour une compagnie comme Brussels Airlines de lui expliquer la situation « dramatique » dans laquelle se trouve tout un secteur. Il a aussi pu voir que les infrastructures étaient prêtes pour la réception et la distribution des vaccins anti-Covid.

Le Premier ministre a tout d’abord visité les installations de testing construites juste devant le hall des départs. L’occasion d’en savoir plus sur la stratégie privilégiée par l’aéroport d’adjoindre à ce centre de tests PCR un laboratoire pour procéder directement et sur place à l’analyse des échantillons. Cela permet notamment la réalisation de tests rapides quelques heures avant le décollage, un procédé qui devrait gagner en popularité pour pouvoir monter à bord d’un avion dans les mois à venir.

Prêt pour le transport des vaccins

Après avoir traversé un aéroport presque entièrement vide, avec à peine 4.000 passagers attendus sur la journée là où il y en a normalement près de 50.000 par jour, Alexander De Croo a pu se rendre compte que Brussels Airport était par contre prêt pour le transport des vaccins.

« L’aéroport est l’une des principales plaques tournantes pharmaceutiques au monde. La Belgique est d’ailleurs un pays important pour le secteur pharma, avec énormément d’expertise, et qui connait de nombreuses activités dans ce domaine », a-t-il relevé.

Petite éclaircie dans la grisaille en ces temps économiquement difficiles, l’aéroport se prépare en tous les cas pour l’exportation de vaccins produits en Belgique ou à proximité vers l’étranger. Les infrastructures sont là, à l’image de véhicules permettant de transporter des médicaments ou des vaccins depuis un entrepôt frigorifique jusqu’à l’avion sans subir de changement de température. « L’aéroport est prêt pour la réception et la distribution des vaccins anti-Covid », s’est félicité le Premier ministre.