Diane Kruger: «Je ne voudrais jamais me sacrifier pour mon pays»

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Dans le drame d’espionnage ‘The Operative’ (à voir notamment sur MyLum.tv), Diane Kruger (‘Inglourious Basterds’) part en mission sous couverture à Téhéran, en tant que prof d’anglais. Nous avons rencontré l’actrice allemande à Berlin et parlé d’espions, d’Israël et de l’inflexibilité du Mossad.

‘The Operative’ n’est pas un simple thriller. Il comporte peu d’action, par exemple. Qu’est-ce qui vous a attirée?

Diane Kruger: «Qu’il n’y avait pas d’action. (rires) Ne me comprenez pas mal, j’aime aussi James Bond. Mais dans ce cas-ci, j’étais plus intéressée par les côtés intellectuels et émotionnels du métier d’espion. Mon personnage, Rachel, n’a pas d’attaches. Elle est de nulle part. Et tout d’un coup, elle trouve quelque chose qui donne un sens à sa vie

Rachel travaille pour le Mossad, les services secrets israéliens. Cela a-t-il une importance pour vous?

«C’est même essentiel. Je comprends beaucoup mieux maintenant ce que signifie la cause juive. Les personnes juives ont constamment le sentiment d’être menacées. C’est leur mission de protéger Israël à tout prix. Cela me fascine. Je ne voudrais jamais me sacrifier pour mon pays. Rachel est encore un cas à part, car elle n’a pas grandi en Israël. Je me reconnais tout de même en elle et dans son besoin d’appartenir à une communauté.»

Pour vous préparer, vous êtes allée vous renseigner auprès du Mossad. Quelles ont été les plus grandes révélations pour vous?

«Je me demandais comment c’était d’être en mission pendant des années sans interruption, surtout quand vous avez une famille à la maison. Et la réponse revenait toujours au même: ils le font pour Israël, pour protéger leur pays et leur peuple. Ils recrutent aussi beaucoup de gens qui sont à moitié juifs ou pas juifs, car il est plus facile pour ces gens de s’infiltrer quelque part. Mais au moment décisif, ces gens ne font pas partie d’Israël et ils les laisseront tomber sans hésiter, si nécessaire. C’est de cela aussi que parle le film, et je trouve que c’est une attitude épouvantable.»