Clarisse Sabard: «C’est le public qui fait un auteur»

D.R.

Après «La vie est belle et drôle à la fois» et «La vie a plus d’imagination que nous», Clarisse Sabard revient avec un nouveau roman de Noël. Au menu: ambiance feutrée, rencontres inattendues, secrets de famille, pains d’épice et lait de poule! Une comédie légère qui a de quoi nous mettre du baume au cœur en ces longues soirées de couvre-feu.

Qui est Valentine, votre nouvelle héroïne?

«Au début du roman, Valentine s’apprête à fêter ses 17 ans de mariage avec son mari. Elle s’attend à ce qu’il la redemande en mariage pour l’occasion… Mais arrivés au restaurant, il décide de mettre un terme à leur mariage, parce qu’il s’est remis avec quelqu’un d’autre. Valentine décide alors de rentrer dans son village d’enfance, à la montagne. Elle va changer de vie et devenir institutrice.»

Ce retour va lui réserver plein de surprises…

«Valentine s’était un petit peu oubliée dans ce mariage. Elle va apprendre à se rouvrir aux autres, à se découvrir. Elle va aussi découvrir des secrets de famille qu’elle était loin de soupçonner

Avez-vous aussi, comme Valentine, ce type de petit «cocon» où vous ressourcer?

«Tout à fait, j’en ai même deux! D’abord, ma région d’origine: Bercy, où habitent ma grand-mère et plusieurs membres de ma famille. Chaque été, c’est l’endroit où je vais me ressourcer. Et puis, il y a les Alpes-de-Haute-Provence, où j’ai situé l’intrigue de ce roman. Je me suis inspirée d’un village qui existe vraiment, Annot. J’aime y passer trois ou quatre jours au printemps et faire des randonnées dans ces paysages très inspirants

Vous adorez, comme votre héroïne, cette période de Noël?

«Complètement (rires)! Ma famille a vécu un drame durant cette période lorsque j’étais enfant. Mon grand-père est décédé subitement. Il a été renversé par une voiture devant sa maison. On aurait pu arrêter les fêtes… mais on était plusieurs enfants et les adultes ont décidé de fêter Noël. Cinq jours après le drame, on a ouvert nos cadeaux au pied du sapin. Et on a continué chaque année. Noël, c’est vraiment la saison propice pour se retrouver, recréer des liens. C’est convivial et chaleureux. C’est une parenthèse tout à fait bienvenue en fin d’année

Une parenthèse bienvenue, c’est précisément comme votre roman en cette période particulière…

«Je l’ai écrit durant le confinement, sans savoir comment la situation allait évoluer. J’avais envie d’optimisme, de m’évader en écrivant. J’ai réalisé que ça permettrait certainement aussi à me lecteurs de se détendre dans ce contexte très compliqué. Je pense que c’est vraiment le livre qui fait du bien en cette fin d’année

Quelles sont vos comédies de Noël favorites?

«Ce sont plus de lectures que de films. J’aime beaucoup les romans de Sarah Morgan, Debbie Macomber, Kristan Higgins… J’aime vraiment cet univers feutré, avec une petite dose d’humour. Du côté des films, ‘La Vie est Belle’ et ‘Love Actually’ sont mes références absolues!»

Vous vous êtes mise à l’écriture après un AVC. Ça a été un véritable détonateur?

«Oui, ça a été un déclic. J’ai toujours aimé la lecture. Dès l’instant où j’ai été en âge de lire, j’ai très rapidement eu l’envie de raconter des histoires, moi aussi. En grandissant, on a tendance à se cacher derrière le travail, le manque de temps… Finalement, on a toujours une bonne excuse pour ne pas se lancer. Après cet accident vasculaire, j’ai dû arrêter de travailler pour me consacrer à ma rééducation. J’avais une idée de roman très précise en tête (‘Les lettres de Rose’) et j’avais du temps devant moi: c’était le moment. Je me suis lancée, et ça a été bénéfique sur tous les points! Déjà, il a plu à ma maison d’édition, Charleston. Et puis mon orthophoniste m’a fait remarquer que l’écriture m’a aidée à surmonter des séquelles. Au niveau de la mémoire, de la construction temporelle… le fait d’imaginer un roman et de mener une histoire de A à Z, c’était très important

On sent que vos lecteurs sont un peu plus que de «simples lecteurs» pour vous… Plutôt une véritable communauté?

«Communauté, c’est le mot juste. Une communauté de lecteurs et lectrices fidèles depuis le premier roman. On communique beaucoup via les réseaux sociaux. Je reçois toujours des messages d’une bienveillance extraordinaire. On entretient des liens, parfois des amitiés naissent… c’est surprenant, et toujours très touchant! De mon point de vue, c’est vraiment le public qui fait un auteur. Sans eux, nous ne sommes pas grand-chose

Vous travaillez déjà sur le prochain roman?

«Il est déjà très avancé! Il paraîtra au printemps. On sera dans l’univers de la pâtisserie, avec des secrets de famille. Ce sera une histoire de famille sur plusieurs générations, comme j’en suis friande!»

Review

Après avoir consacré des années à tenter de fonder « la famille idéale », Valentine tombe des nues lorsque, pour leurs 17 ans de mariage, son époux lui annonce qu’il la quitte pour une autre. C’est donc fraîchement célibataire qu’elle décide de revenir dans son village d’enfance. Un retour qui lui réservera bien des surprises et des défis. À commencer par celui de réunir ses sœurs pour Noël, Chloé et Albane, brouillées depuis une douzaine d’années. Parallèlement, Valentine découvrira, dans les affaires de sa grand-mère, une mystérieuse photo qui la mettra sur la piste d’un secret de famille longtemps enfoui.
Si vous adorez la magie de Noël, ce roman est un parfait petit cocon dans lequel s’évader. Une comédie à lire au coin du feu, sous un plaid, une tasse de thé chaud à la main ! 2/5
« Et nous danserons sous les flocons », Clarisse Sabard, aux éditions Charleston, 384 pages, 19 €