Test de Watch Dogs Legion : La promesse était belle sur PS4 et Xbox One

Les deux prochains mois s’annoncent riches et chargés du côté du gaming. Avec Watch Dogs Legion, Ubisoft est le premier à entrer dans la danse et à ouvrir le bal des grosses sorties vidéoludique de cette fin d’année.

Un peu de contexte

Fin 2016, nous étions tombés sous le charme de Watch Dogs 2, de son open world fun et coloré, et de son scénario ancré dans la Silicon Valley. Le nouvel opus de la saga d’Ubisoft se sera fait attendre mais après de nombreux retards, il est enfin là. Il ne s’appelle pas Watch Dogs 3 mais bien Watch Dogs Legion. (Br)Exit le soleil de San Francisco et le jeune hacker Marcus Holloway. Place à la grisaille londonienne, à une société futuriste proche de la guerre civile et à une multitude de héros.

Un jeu aux mille visages

C’est la principale particularité de Watch Dogs Legion : vous n’incarnez pas un héros ou une héroïne mais vous pouvez incarner n’importe quel personnage que vous croisez dans le jeu. Pour la première fois, les fameux PNJ (les personnages non jouables) qui donnent vie aux open world modernes deviennent ainsi des PJ, des personnages jouables. Dès le début du jeu, vous allez être invité à choisir votre premier agent parmi 25 profils très différents : une athlète comme Kamila, un videur de boîte de nuit comme Harold, Hallie la maquilleuse ou Jan le plombier. C’est à vous de choisir. Au-delà de ce choix de départ, vous allez rapidement pouvoir recruter n’importe quel personnage et l’incarner. Chacun ayant des armes ou des capacités bien précises et parfois bien utiles dans certaines situations. En dehors des missions et des combats, vous pouvez jongler entre les personnages de votre clan.

Cette fonctionnalité était l’une des promesses et des forces de Watch Dogs. Néanmoins, une fois que l’aspect ‘découverte’ et ‘bac à sable’ est passé, cela a tendance à devenir l’une des faiblesses du jeu. En effet, à force de jongler entre les personnages, on ne s’attache jamais vraiment à la personnalité d’un héros ou d’une héroïne autour duquel le scénario aurait été construit.

London is burning

Du côté du scénario, Watch Dogs Legion plonge les joueurs dans un futur proche, dans une ville de Londres au bord de l’explosion et de la guerre civile. Vous faites partie de Dedsec, un groupuscule de cybermilitants qui lutte contre le pouvoir autoritaire. Le hacking est toujours au cœur du jeu. Avec votre téléphone, vous pouvez pirater les véhicules, les drones, les caméras de surveillance ou encore les systèmes de sécurité. Au début, la prise en main est d’ailleurs plutôt complexe tant elle demande de jongler avec de nombreuses touches. De plus, les contrôles ne sont pas non plus hyper intuitifs et demandent un petit temps d’adaptation quand on est habitué à d’autres jeux. Dans Watch Dogs Legion, le sprint c’est la touche R2 (et pas L3 !) et c’est le triangle sert à recharger (plutôt que la touche carré). C’est un peu déstabilisant au début mais après quelques heures de jeu, on commence à s’y faire !

Un vent de liberté

Le scénario est construit autour de cinq arcs narratifs. Parallèlement, le monde ouvert regorge aussi de missions annexes et d’objets à récupérer. Watch Dogs Legion vous occupera ainsi facilement pendant une bonne vingtaine d’heures. La liberté offerte au joueur sur la manière de réaliser la mission est énorme. On peut se faire discret, pirater tous les systèmes de sécurité à distance, déclencher des pièges et utiliser son drone sans jamais se faire repérer. On peut aussi utiliser les outils futuristes du jeu comme prendre le contrôle d’un drone de cargaison et monter dessus pour arriver par les airs. Enfin, on peut aussi recruter une personne de l’entreprise et l’utiliser pour y entrer. sans se faire réparer. La liberté est réelle même si à la longue, on se rend compte que c’est plus rapide et efficace d’arriver avec une arme et de tirer sur tout ce qui bouge…

Par contre, et c’était un reproche qui avait été fait à Watch Dogs 2, il est impossible à passer à côté de phases de piratages qui sont des sortes de puzzles géants dans lesquels il faut correctement placer les circuits électriques pour pirater le système. Ces phases ont toujours autant de mal à convaincre et s’avèrent souvent très pénibles.

Finalement, la ville de Londres, ses rues étroites et la Tamise n’offrent pas la variété de San Francisco dans Watch Dogs 2. La carte manque d’intérêt, si bien que nous avons la plupart du temps privilégié les « trajets rapides » disponibles via les stations de métro pour nous déplacer entre les missions… Enfin, les poursuites contre les forces ennemies ont également bien eu du mal à nous convaincre. Entre les véhicules qui vous foncent dedans comme des barbares et les nombreux drones difficiles à semer, c’est rapidement le bordel le plus complet et le fun et le plaisir de jeu sont absents de ces phases de jeu.

Beau de loin

Graphiquement, Watch Dogs Legion souffle le chaud et le froid. Sur la version Xbox One X que nous avons testée, il peut se montrer terriblement beau, notamment sur les panoramas de la ville ou sur les plans lors desquels la caméra est éloignée. Mais le jeu peut aussi se montrer très décevant, notamment lors des plans rapprochés, sur certaines textures ou avec les cheveux de certains personnages par exemple. Plus embêtant, nous avons rencontré une multitude de bugs dans l’open world (essentiellement des PNJ qui font n’importe quoi et des bugs de collision). Espérons que cela soit corrigé avec un patch lors du lancement et que le jeu tourne mieux sur Xbox Series X et PS5, car en l’état, notre Xbox One X avait parfois vraiment du mal à le faire tourner, notamment lors des phases de conduite la nuit et sous la pluie. Enfin, sur les consoles actuelles, le temps de chargement a tendance à être très long.

Notre verdict

L’attente était grande, la promesse également. Malheureusement, Watch Dogs Legion n’aura pas réussi à nous convaincre comme nous l’espérions. Le concept de pouvoir incarner n’importe quel personnage est cool et la liberté dont profite le joueur dans l’open world est tout simplement énorme. Malheureusement, il manque à Watch Dogs Legion ce petit supplément d’âme qui aurait pu faire la différence. Ce n’est pas un mauvais jeu, loin de là, mais nous avons eu du mal à entrer dans le scénario. Les missions se suivent et se ressemblent, sans parler des petits problèmes techniques qui viennent gâcher l’expérience de jeu. 3,5/5

REVIEW OVERVIEW
Watch Dogs Legion