De Beethoven à Comès en passant par les films historiques

Photo Bozar

Ne serait-il pas temps de tendre l’oreille vers un peu de Beethoven pour trouver l’apaisement, de plonger dans des films historiques ou dans les planches de Comès? La culture est un plaisir et doit le rester!

L’héritage de Beethoven

Le palais des beaux-arts de Bruxelles (BOZAR) a ouvert l’exposition « Hotel Beethoven », qui est présentée au public jusqu’au 17 janvier prochain afin de marquer le 250e anniversaire du compositeur allemand.L’exposition s’intéresse à la manière dont Ludwig van Beethoven (1770 – 1827) est devenu une icône universelle, qui perdure jusqu’à aujourd’hui. Elle met en lumière l’héritage vivant qu’il a laissé.

De la culture populaire à l’art conceptuel, l’exposition noue un dialogue avec les œuvres d’artistes tels qu’Antoine Bourdelle, Andy Warhol, Christine Sun Kim, Katie Paterson ou encore John Baldessari. Elle entend appréhender la signification du culte dans le regard posé par des artistes sur le personnage et ses œuvres devenues mythiques.

L’exposition traite entre autres de sa Neuvième Symphonie (Ode à la joie), devenue l’hymne européen, et de sa Cinquième Symphonie, l’une des œuvres de musique classique les plus connues. Mais elle sollicitera autant la vue que l’ouïe des spectateurs. Différentes chambres d’hôtel thématiques proposent une vision contrastée de l’héritage de Beethoven en distinguant son processus créatif, sa vision du monde et des questions politiques, la surdité, ou encore la modernité de sa musique.

La chambre aux quatre pianofortes historiques de Chris Maene montre l’évolution de l’instrument au cours de la vie de Beethoven. Une installation sonore spécialement développée pour cette exposition fait entendre aux visiteurs leurs sonorités. Les pianofortes seront joués à l’occasion de concerts intimes organisés en collaboration avec les conservatoires belges. L’un des pianofortes est équipé d’une machine à entendre, correspondant à celle utilisée par Beethoven quand son ouïe a commencé à décliner.

Un extrait filmé du seul opéra de Beethoven, « Fidelio », est en outre présenté dans une version de la compagnie new-yorkaise Heartbeat Opera inspirée du mouvement « Black Lives Matter ».

Dans les ombres de Comès

Photo BELvue Museum

Une exposition sur l’œuvre de Didier Comès est à découvrir jusqu’au 3 janvier au musée BELvue à Bruxelles. C’est la Fondation Roi Baudouin qui gère le patrimoine de cet auteur de bande dessinée connu pour ses univers en noir et blanc.

Didier Comès est décédé en 2013 à l’âge de 70 ans, « sans avoir jamais eu les honneurs d’une grande exposition bruxelloise ». La Fondation Roi Baudouin a voulu y remédier en valorisant au travers de ‘Comès. D’Ombre et de Silence’ le patrimoine artistique de l’auteur.

Plus de 50 planches originales sont présentées à côté d’originaux de Corto Maltese, la bande dessinée la plus célèbre d’Hugo Pratt – grand ami de Comès et fervent défenseur des cases muettes – tout comme ceux de Christophe Chabouté, auteur qui a souvent été présenté comme le fils spirituel de Didier Comès.

Originaire de Sourbrodt dans les Cantons de l’Est, Didier Comès maîtrisait le noir et blanc et le fantastique. « Ses récits, peuplés de marginaux (nains, malades mentaux, personnes avec un handicap…) font sortir de l’ombre ces exclus de la société afin de leur rendre dignité et normalité. L’exposition soulignera cet aspect », précise la Fondation.

« Didier Comès a connu un succès fulgurant au début des années 1980 avec un roman graphique qui a marqué toute une génération de lecteurs, «Silence». L’histoire de ce simple d’esprit sourd-muet exploité par les propriétaires terriens de Beausonge et qu’une sorcière va éveiller à la conscience, est indissociable du personnage de Comès, marqué par différentes formes de rejet, d’exclusion et de violences, qu’elles soient rurales ou urbaines. »

Le projet d’expo est un partenariat avec la Maison Autrique à Schaerbeek, où se tient également une deuxième exposition consacrée à Didier Comès, « Comès à huis clos », qui rend hommage à l’univers fantastique et psychologique de l’auteur.

Des films d’histoire

« Des Hommes »

Le Waterloo Historical Film Festival (WaHFF) a lieu jusqu’au 18 octobre aux cinémas Wellington de Waterloo. Après avoir visionné plus de 200 films, les sélectionneurs du WaHFF ont retenu huit films pour la compétition officielle et huit documentaires pour cette catégorie spécifique.

Hors compétition, plusieurs avant-premières sont prévues. Ce sera notamment le cas pour la projection de « Des Hommes », le nouveau film de Lucas Belvaux avec Gérard Depardieu, qui sera projeté en avant-première lors de la soirée de clôture, ce dimanche 18 octobre.

En raison de la situation sanitaire, l’organisation a dû être adaptée: la jauge des salles est revue, les spectateurs doivent s’inscrire avant les séances et sont placées en « bulles », tandis que le masque est obligatoire.

Pour ne pas oublier

Photo Luc Mary-Rabine

Le War Heritage Institute propose, au sein du Musée royal de l’Armée et de l’histoire militaire, situé dans le parc du Cinquantenaire à Bruxelles, l’exposition photo temporaire « Snapshots Echoes of Silence » sur les camps de concentration de la Seconde Guerre mondiale.

Le photographe et auteur belge Luc Mary-Rabine a fait don, en septembre 2019, de 242 clichés originaux au War Heritage Institute. Les photos sont classées en deux séries, l’une sur la déportation intitulée « Si je t’oublie » et l’autre appelée « De guerre en guerre » qui traite plus largement des traces encore visibles des deux guerres. A travers un regard pudique, il a cherché à exprimer une solidarité et un respect avec les victimes, tout en œuvrant contre l’oubli.