Pascal Davoz adapte « Ils étaient dix », le best-seller d’Agatha Christie

AFP / J. Taylor
L’adaptation en BD du roman d’Agatha Christie « Ils étaient dix » sort alors que le roman est au cœur d’une discussion suite au changement de titre décidé par ses descendants. « Cela ne change rien à l’intrigue », souligne Pascal Davoz, le scénariste.  
« Nous n’avons pas été totalement surpris par ce changement de titre. Le roman, initialement intitulé ‘Les dix petits nègres’, est sorti en 1939, et la polémique sur le titre existe depuis 1940. Agatha Christie n’avait d’ailleurs pas de problème avec le fait de le renommer, puisque l’édition américaine est sortie sous le titre ‘Et il n’en resta plus aucun’, avec son accord. Nous nous sommes pliés à la volonté des ayants droit. »
Cela change-t-il quelque chose à l’intrigue ?
« Non, le contenu de l’intrigue reste le même, puisqu’il n’y avait pas une trace de racisme dans le texte d’Agatha Christie, ni dans son œuvre en général d’ailleurs. L’intrigue ne change pas, et c’est tant mieux, puisqu’elle est magistrale. J’avais lu ce roman dans les années 70, et j’avais tout de suite accroché. »
Comment avez-vous mis le récit en images ?
« En général, une BD, c’est 46 pages. Ici, l’éditeur a accepté d’aller jusqu’à 80 pages. Cela nous a permis de rester le plus fidèle possible à l’intrigue et à l’humour d’Agatha Christie. On a tout de même dû mettre un maximum d’éléments dans le dessin, afin de pouvoir traiter l’intrigue dans ce format. De ce côté-là, je dois dire que le travail de Callixte, le dessinateur, m’a agréablement surpris. À chaque fois que je voyais ses planches, j’étais plus que satisfait ! Le décor planté par Agatha Christie était celui d’une maison ultra moderne des années 30 au Royaume-Uni. Le style art-déco s’est donc naturellement imposé. Je pense qu’on est parvenus à un résultat fidèle à ce qu’Agatha Christie avait en tête. »

En bref 

Le chef-d’œuvre d’Agatha Christie a fait parler de lui dernièrement, lorsqu’il a été renommé « Ils étaient dix », plutôt que « Dix petits nègres ». Le nom a changé, mais l’intrigue, débarrassé de son titre à connotation raciste, hérité de l’époque, est toujours là. Pascal Davos et le dessinateur Callixte ont su reproduire en BD tout le suspense institué par la maîtresse du polar. On y découvre des personnages distingués, qui, à y regarder de plus près, on peut être des choses à se reprocher. La ligne claire du dessinateur donne vie à l’île du Soldat, où se déroule l’intrigue. Elle nous fait découvrir la haute société du Royaume-Uni de l’entre-deux-guerres, entre vestiges de l’époque victorienne et paysages verdoyants. Sans aucun doute, cet album donne envie de se plonger dans les autres adaptations en BD d’Agatha Christie (Hercules Poirot, Miss Marple…), mais aussi de (re)découvrir l’original.
« Ils étaient dix », de Pascal Davoz et Callixte, éditions Paquet, 80 pages, 18 €.