Travailler dans le BW : les alternatives à la voiture veulent se faire une place

Pour travailler dans le Brabant wallon, mieux vaut encore disposer d’un véhicule. L’usage des transports en commun stagne, mais celui du vélo progresse.

La voiture reste le moyen de transport le plus populaire pour les déplacements domicile-lieu de travail dans le Brabant wallon. Selon une étude du prestataire en ressources humaines Acerta, 87,7 % des déplacements domicile-lieu de travail se font en voiture. Ce taux dépasse largement la moyenne nationale, qui est de 77,5 %. Rien d’étonnant à cela, vu la physionomie de la province, avec ses parcs d’entreprises parfois éloignés des principaux réseaux de transports en commun. On ne s’étonnera donc pas d’apprendre que c’est dans cette province que le pourcentage de travailleurs disposant d’une voiture de société est le plus élevé (29,8 %, contre une moyenne de 20 % au niveau du pays). Pourtant, comme ailleurs, le recours à la voiture individuel devra être diminué pour limiter les problèmes de files ainsi que contenir le changement climatique. Les transports en commun veulent offrir de nouvelles solutions.

L’option train et bus

Les Tec ont ainsi lancé en février dernier le réseau wallon de lignes Express, composé dans un premier temps des onze lignes Express Tec existantes, de quatre lignes WEL améliorées et de trois nouvelles lignes, soit 18 lignes au total. Si la crise de la Covid-19 a mis un coup de frein à la fréquentation des transports en commun, cela ne devrait pas durer. La fréquentation est revenue à une moyenne entre 50 et 80 % par rapport à l’avant crise. Et les opérateurs se démènent pour aider les passagers à retrouver confiance. Ils mettent à disposition une offre maximale, et les gares, les arrêts, les rames de train et de métro ainsi que les bus et les trams sont désinfectés régulièrement. Tec, SNCB, Stib et de Lijn viennent d’ailleurs de lancer une campagne commune pour stimuler le retour des usagers.

Place au vélo !

Le vélo, lui aussi, continue de se faire une place sur les routes du travail. En 2019, 5,1 % des travailleurs brabançons optaient régulièrement pour cette solution. Cela peut sembler peu, mais la hausse était de 38 % par rapport aux 3,7 % de l’année précédente. La crise sanitaire survenue depuis cette enquête pourrait avoir renforcé l’usage du vélo, comme cela a été le cas dans la plupart des villes du pays. Et ce phénomène pourrait encore gagner de l’ampleur, estime Benoît Caufriez, directeur d’Acerta Consult. « Nous constatons que le vélo de société électrique est souvent proposé comme option dans les plans cafétéria offerts par les entreprises à leur personnel. Le plan cafétéria permet aux travailleurs d’adapter leur rémunération à leurs besoins. La mobilité constitue généralement un élément clé dans ces plans. En outre, certaines entreprises offrent à leurs collaborateurs d’échanger une partie de leur salaire futur contre la mise à disposition d’un vélo de société. »

Moins de files ?

Enfin, pour les inconditionnels de la voiture individuelle, la situation pourrait aussi évoluer. La crise de Covid-19 a sonné le glas du « tous au bureau, à la même heure ». Les entreprises ont pris l’habitude de ne plus avoir tous leurs employés en même temps dans les locaux, que ce soit en permettant à certains de travailler depuis leur domicile, ou en demandant aux autres de varier leurs horaires de travail. Malgré le « retour à la normale » attendu, certaines habitudes pourraient rester. Les uns n’iront plus au bureau que deux ou trois jours par semaine, limitant de fait leur présence sur les routes. Les autres pourraient modifier leurs horaires de travail, pour arriver plus tôt ou plus tard, et donc éviter les heures de pointe. Tout cela mis ensemble devrait aider à limiter les files.