« Nous ne devons pas craindre de prendre nos responsabilités », estime Jean-Claude Marcourt

Belga / B. Doppagne

«Nous ne devons pas craindre de prendre nos responsabilités et d’assurer les compétences dont dépend notre avenir. Les réformes institutionnelles n’ont aucune valeur intrinsèque. Elles ne sont là que pour améliorer le fonctionnement de l’Etat et de ses différentes composantes au service de la qualité de vie des citoyens», a martelé le président du parlement wallon, Jean-Claude Marcourt, samedi, lors des discours officiels des Fêtes de Wallonie.

En raison de la crise du coronavirus, ceux-ci se sont tenus devant une assemblée réduite, réunie dans la salle des séances plénières de l’assemblée régionale.

«Je me garderai, ici, d’aborder les discussions et les négociations qui concernent un autre niveau de pouvoir. Je crois cependant qu’il est de mon devoir de président du Parlement de Wallonie de dire que la négation de l’autre, le mépris de l’autre, ne constituera jamais une base solide pour bâtir une politique au service de l’ensemble de la population, avec une attention particulière pour les moins favorisés de celle-ci», a poursuivi M. Marcourt.

«Le respect, qui est le ferment d’une vie en commun harmonieuse, vaut tant pour les relations entre personnes qu’entre institutions», a-t-il ajouté.

«Il y a 40 ans, la deuxième réforme de l’Etat instituait les organes régionaux wallons et flamands. Il faudra toutefois attendre huit années supplémentaires, au terme de ce qui était alors la plus longue crise politique qu’ait traversée la Belgique – record largement battu depuis lors et à plus d’une reprise – pour voir la Région de Bruxelles-Capitale émerger et voir les Régions dotées de compétences nouvelles, l’économie notamment», a encore rappelé le président du parlement régional.

«Cela revient à dire qu’il aura fallu près de 30 ans pour que l’une des revendications majeures des grévistes de 60 – la maîtrise des leviers de son avenir – soit enfin entendue. La Wallonie a perdu 30 ans de redéploiement, 30 ans qu’elle continue à payer», a-t-il estimé.

Inévitablement marqué du sceau de la crise sanitaire – «qui ne doit pas conduire à ce que l’on s’accommode du rétrécissement de nos libertés et au début de laquelle certains ont pu ressentir que la Flandre regardait parfois avec méfiance si ce n’est avec dédain, les initiatives prises au sud» – le discours du président du parlement wallon sonne pourtant, et avant tout, comme une ode à la Région.

Une aspiration évidente quand Jean-Claude Marcourt partage, en conclusion, un fragment de ’Chanson bretonne’, que Le Clézio, prix Nobel de littérature, a publié au printemps dernier.

«’On peut en rêver, comme d’un avatar de l’Histoire, dans lequel un peuple uni par un passé commun pourrait recommencer d’exister, trouverait des solutions propres aux problèmes contemporains. Il ne s’agit pas de nationalisme, dans le sens étroit de ce mot… Mais plutôt d’une liberté, celle d’administrer le Trésor public, de décider des engagements et des traités avec les voisins, de construire ses programmes sociaux, d’inventer son avenir écologique et culturel’. Ces phrases qu’il écrit à propos de la Bretagne, je les fais miennes pour la Wallonie», a conclu le président du parlement.