L’arbre inga, cette plante qui pourrait bien sauver l’Amazonie de la déforestation

Ph. Fondation Inga

En août, la situation de la forêt amazonienne au Brésil émouvait la planète entière et la déforestation de cette zone bénéficiait d’une médiatisation plus importante que d’accoutumée. Pourtant, les incendies qui ravagent chaque année cette région immense ne sont pas un phénomène nouveau. Mais le poumon vert de la planète pourrait bien être sauvé de la déforestation grâce à une plante magique : l’arbre inga. 

C’est un enjeu crucial pour l’Amazonie, en proie à plus de 90.000 feux en 2019, un record depuis quasiment une décennie. Au total, ce sont environ 8.000 km² qui sont partis en fumée depuis le mois de janvier. En 50 ans, cette forêt tropicale à la biodiversité unique au monde a perdu près d’un cinquième de sa superficie. Toutefois, cet écosystème humide représente toujours 6 millions de m², qui se répartissent entre neuf pays (Brésil, Pérou, Colombie, Bolivie, Venezuela, Guyane, Surinam, Equateur et la Guyane française).

Mais parmi ces neuf nations, c’est le Brésil et son président Jair Bolsonaro qui ont été particulièrement pointés du doigt par la communauté internationale ces derniers temps. En effet, depuis son accession au pouvoir en octobre 2018, la déforestation s’est même accélérée, avec une hausse de 222 % de celle-ci par rapport à 2018 au mois d’août. Le chef d’État brésilien diffuse parmi les agriculteurs locaux un sentiment d’impunité en ce qui concerne ce phénomène. Il encourage notamment de nombreux types d’investissement qui nuisent à la forêt, en délivrant de nouveaux permis miniers ou encore en autorisant l’utilisation de plus de 150 nouveaux pesticides. L’orpaillage illégal, dévastateur pour la forêt amazonienne, est également revenu dernièrement à la mode.

Un « arbre-miracle »

Si l’année 2019 est d’ores et déjà ancrée dans les mémoires comme une année noire, une lueur d’espoir existe toutefois pour lutter contre la déforestation. En effet, près de 300 variétés d’ingas sont recensées à travers le monde, et, parmi elles, certaines posséderaient des caractéristiques favorisant la repousse de la flore sur les sols brûlés ou les terrains déforestés. Ainsi, cet arbre est considéré par de nombreux membres de la communauté scientifique comme un « arbre-miracle » ou un « super-arbre ». Utiliser ses vertus permettrait de limiter les effets néfastes des feux de forêt, mais aussi de la déforestation dans sa globalité.

La Fondation Inga l’explique, cet arbre peut atteindre 20 mètres de haut, ce qui permet de « protéger les sols, supprimer les mauvaises herbes et de fournir de la nourriture ». En effet, sa gousse, qui mesure entre 30 et 40 cm, contient jusqu’à 30 graines dont la membrane est comestible, tant pour le bétail que pour les populations locales. Pour les tribus autochtones, il s’agit d’une véritable bénédiction En outre, l’arbre inga libère une grande quantité d’azote, un nutriment essentiel pour les végétaux. De la sorte, il draine les sols, qui deviennent à nouveau suffisamment fertiles pour que d’autres végétaux s’y installent.

Un point de non-retour ?

Une campagne de soutien pour encourager les agriculteurs de cette vaste région à planter des arbres Inga a été lancée par l’institut brésilien Ouro Verde. Cultiver l’inga pourrait conserver des corridors vitaux pour la faune sauvage dans ces espaces désertiques. En outre, de nombreuses associations écologistes militent pour que les petits exploitants ne cèdent pas leurs terres aux géants de l’agroalimentaire, qui défrichent toujours plus cette forêt afin d’y implanter d’autres ressources comme le soja.

Toutefois, ces initiatives visant à reverdir l’Amazonie semblent bien maigres face à la destruction de ce joyau de la nature. D’après le professeur Thomas Lovejoy, qui se confiait en août dans les colonnes du journal britannique « The Independent », le phénomène de la déforestation pourrait atteindre bientôt un « point de basculement », irréversible si les autorités ne prennent pas ce problème à bras-le-corps. Il estime que sans changement, nous pourrions assister à la mort progressive de cette forêt.