Dix romans à ne pas manquer

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Présenter la rentrée littéraire en quelques bouquins n’a jamais été chose aisée. Doit-on revenir sur les plus attendus? Ou au contraire parler des petites pépites qui n’attendent qu’à être découvertes? Nous avons décidé de vous proposer un mélange de tout ça. Une liste non exhaustive bien entendu, mais qui vous donnera déjà un premier aperçu de ce qui nous attend. Bonne lecture!

«Les aérostats», d’Amélie Nothomb

Comme à chaque rentrée littéraire, les lecteurs.trices pourront compter sur Amélie Nothomb. «Les aérostats», publié chez Albin Michel, est le 29e roman de l’auteure. On y retrouve des éléments autobiographiques puisque le personnage principal est une jeune étudiante bruxelloise de 19 ans. Ange donne des cours de littérature à Pi, un étudiant de 16 ans dyslexique. «Ange, c’est moi à 19 ans», explique Amélie Nothomb. «Elle a beaucoup de points communs avec moi.» Ça promet!

«Les aérostats», d’Amélie Nothomb, éditions Albin Michel, 180 pages, 17,90€

«Yoga», d’Emmanuel Carrère

Le 10 septembre, Emmanuel Carrère publiera «Yoga» aux éditions P.O.L. Dans son nouveau livre, l’auteur associe le yoga et la dépression, l’aspiration à l’unité et le trouble bipolaire, la méditation et le terrorisme. Le yoga est, pour Emmanuel Carrère, une discipline permettant d’unifier certaines choses qui, de prime abord, n’ont pas l’air de l’être.

«Yoga», d’Emmanuel Carrère, aux éditions P.O.L. 400 pages, 22€

«Les démons», de Simon Liberati

Nous sommes au printemps 1967 lorsqu’une fratrie est touchée de plein fouet par une tragédie. Dans son nouveau roman publié aux éditions Stock, Simon Liberati nous fait voyager entre Cannes, Paris et Bangkok. Il nous fait basculer dans une autre époque, «celle, pop et sensuelle, de la drogue, du plaisir et de la guerre du Viêt Nam». Il nous emmène dans un univers glamour et brutal à la fois.

«Les démons», de Simon Liberati, aux éditions Stock, 342 pages, 20,9€

«Fantaisie allemande», de Philippe Claudel

C’est l’un de nos auteurs préférés. Nous avions dévoré «l’Archipel du chien» et avant cela, «l’Arbre du pays de Toraja». C’est donc avec impatience que nous attendions son prochain roman. Dans «Fantaisie allemande», Philippe Claudel nous fait côtoyer la mort et la guerre. Il cite Thomas Bernhardt: «L’Allemagne a une haleine de gouffre.» Une terrible formule qui prend pourtant tout son sens dans ce roman.

«Fantaisie allemande», de Philippe Claudel, éditions Stock, 120 pages, 18€

«Un jour viendra couleur d’orange», de Grégoire Delacourt

C’est une histoire lumineuse remplie d’humanité que publie Grégoire Delacourt. Dans «Un jour viendra couleur d’orange», l’auteur raconte l’histoire de Geoffroy, 13 ans, un adolescent «différent» qui vit dans un monde imaginaire fait de chiffres et de couleurs. Et si dans une France révoltée, il suffisait d’un petit garçon innocent pour que l’espoir renaisse? Un roman qui vous touchera, à coup sûr, au plus profond de votre cœur.

«Un jour viendra couleur d’orange», de Grégoire Delacourt, éditions Grasset, 272pages, 19,5€

«Nickel Boys», de Colson Whitehead

Dans l’Amérique ségrégationniste des années 1960, le jeune Elwood Curtis, brillant et prometteur, voit ses rêves d’avenir voler en éclats lorsque, victime d’une erreur judiciaire, il est envoyé au centre de redressement, la Nickel Academy. Derrière une façade respectable, les «élèves» y subissent les pires sévices et atrocités. Des dizaines d’enfants n’en sortiront jamais vivants. À travers ce roman, pour lequel il a été couronné pour la seconde fois par le prestigieux prix Pulitzer, Colson Whitehead nous plonge dans l’enfer de cet établissement, inspiré d’une maison de correction ayant existé. Avec un réalisme brutal, il explore l’inguérissable blessure raciale de l’Amérique. Une lecture poignante et essentielle.

«Nickel Boys», de Colson Whitehead, aux éditions Albin Michel, 255 pages, 19,9€

«Des baisers parfum tabac», de Tayari Jones

«Mon père est bigame.» C’est par cette confession percutante que Dana Yarboro entame son récit. Celui d’une enfant «secret», fruit d’un amour illicite. Celui de deux sœurs. L’une sait, l’autre pas. Lorsque leurs chemins finissent par se croiser, dans l’Atlanta des années 1980, la situation devient inévitablement explosive. Elle ne peut laisser de gagnant. Avec pour toile de fond la lutte pour les droits civiques et l’émancipation des femmes noires dans les États sudistes, Tayari Jones signe un roman émouvant; l’histoire de cette famille plurielle, aux personnages imparfaits mais profondément authentiques.

«Des baisers parfum tabac», de Tayari Jones, éditions Presses de la Cité, 376 pages, 21€

«La race des orphelins», d’Oscar Lalo

Enfantée par le Troisième Reich, Hildegard Müller a 76 ans aujourd’hui. En quête de son histoire, gommée de l’Histoire, elle engage un scribe pour percer le mystère de sa naissance et de son existence. Pour son deuxième roman, Oscar Lalo nous livre un texte original et atomisé pour dire l’irracontable, la mémoire gênante et douloureuse. Avec force et justesse, l’écrivain explore l’une des zones d’ombre de la Seconde guerre mondiale: les Lebensborn, ces pouponnières dénuées de toute humanité, créées par Himmler pour multiplier la «race supérieure». Mais Hildegard avertit: «La seule race que les SS aient créée est la race des orphelins».

«La race des orphelins», d’Oscar Lalo, aux éditions Belfond, 288 pages, 18€

«Le sel de tous les oublis», de Yasmina Khadra

Dans son dernier roman, Ysamina Khadra nous raconte les pérégrinations d’Adem, un instituteur de campagne algérien brisé après le départ de sa femme. Désespéré et désillusionné, cet anti-héros part en quête d’oubli. Dans l’Algérie fraîchement indépendante, où les espoirs et rêves d’idéal sont plus prégnants que jamais, il entame un voyage fait de rencontres providentielles. Des êtres hors du commun, portant chacun leurs blessures et fuyant leurs fantômes, et qui lui tendront la main. Comme toujours avec Ysamina Khadra, un roman pour nous éclairer et nous émouvoir.

«Le sel de tous les oublis», de Yasmina Khadra, aux éditions Julliard, 256pages, 19€

«Les évasions particulières», de Véronique Olmi

Après le succès retentissant de «Bakhita», Véronique Olmi signe une saga familiale et sociale pour son quatorzième roman. Dans «Les évasions particulières», l’auteure retrace le parcours de trois sœurs dans l’après mai 68. Trois femmes qui vont absorber les bousculements de la fin de siècle et son esprit contestataire. En traçant son propre chemin, chacune incarne, à sa façon, cette décennie bouillonnante, une décennie marquante pour l’émancipation des femmes.

«Les évasions particulières», de Véronique Olmi, aux éditions Albin Michel, 512 pages, 21,9€