Test : Un changement de direction réussi pour Project CARS 3 ?

En seulement deux épisodes, la licence Project CARS a réussi s’imposer comme une alternative plutôt convaincante à des simulations grand-public comme Forza Motorsport et GT Sport. Est-ce que Project CARS 3 continue sur cette lancée ? Réponse dans notre test.

Mine de rien, cela commence à faire un petit temps que les fans de jeu de course n’ont pas eu un excellent jeu à se mettre sous la dent. Cela va bientôt faire trois ans que l’excellent (au fil des update) GT Sport est sorti sur PS4 et la saga Forza est en pause depuis désormais deux années. Il y a bien eu le très bon F1 2020 au début de l’été mais il ne concerne qu’une seule discipline. Pour le reste, ce sont plus des déceptions qui sont à signaler avec notamment GRID ou NFS Heat. Dans ce contexte et en tant que fans de jeux de voitures, c’est avec une impatience non dissimulée que nous attentions Project CARS 3.

Une nouvelle orientation

Par rapport à ses deux prédécesseurs sortis en 2015 et 2017 et qui étaient très axés ‘simulation’, Project CARS 3 adopte une nouvelle orientation. En effet, Project CARS 3 est bien moins exigeant, moins réaliste et davantage orienté vers une conduite arcade. D’un côté, ce virage risque de décevoir les fans de la première heure mais de l’autre, cela pourrait attirer un nouveau public, plus large.

Accessible à tous, Project CARS 3 propose quatre niveaux de difficulté, allant de débutant à professionnel, et permet de personnaliser les aides à la conduite mais aussi le niveau de l’IA des adversaires ainsi que leur degré d’agressivité. La difficulté choisie a un impact direct sur le nombre de points d’XP remporté après chaque course.

À noter que Project CARS 3 ne propose pas la possibilité de faire un ‘flash-back’ pour corriger une erreur ou revenir en arrière après un accrochage ou une sortie de piste. Contrairement à d’autres, le jeu ne propose pas non plus de lignes et de couleurs pour indiquer la trajectoire et la vitesse idéales sur la piste. Seules aides accessoirement disponibles : un indicateur signalant le moment idéal pour ralentir, un autre pour indiquer le point de corde et un dernier pour montrer le meilleur point de sortie du virage. Des indicateurs minimalistes mais au final largement suffisants.

Les premiers tours de roue

On commence le mode carrière avec 30.000 crédits en poche et un premier achat à effectuer : une Toyota GT-86 de 2013, une Mitsubishi Lancer Evolution de 1999 ou une Honda Civic Type R de 2016. Vu la puissance relative de ces véhicules, les débuts sont plutôt tranquilles, même en choisissant le mode ‘Expérimenté’ et un IA difficile. Mais avant ça, direction le garage et la découverte de l’outil de personnalisation. La bonne surprise, c’est le fait de pouvoir modifier l’esthétique de son véhicule son avoir à dépenser le moindre crédit. On peut ainsi choisir la peinture, les motifs, les autocollants, le type de plaque d’immatriculation ainsi que les jantes et les pneus parmi une série de fabricants officiels. À part quelques DLC, on peut ainsi modifier pas mal de choses, sans frais, juste pour s’amuser. Par contre, la personnalisation esthétique s’arrête là. Ne vous attendez pas à ajouter un aileron ou un capot en carbone comme dans Need for Speed.

Les premières courses confirment le nouveau virage opéré par Project CARS. En effet, on se retrouve hors des circuits (ils sont présents un peu plus loin dans le mode carrière) en Chine et à la Havane sur des pistes urbaines. Même avec les aides à la conduite désactivées et à la manette, Project CARS 3 se laisse facilement prendre en main. Pourtant, cela n’empêche pas de ressentir des bonnes sensations, aussi bien dans la vitesse que dans la conduite. Pour cela, on privilégiera plutôt une caméra au plus proche du bitume comme celle sur le capot ou sur le toit.

Une carrière longue et prenante

Le mode carrière est long, très long, et prenant. Il est conçu pour faire en sorte de se dépasser et donner le meilleur de soi-même lors de chaque épreuve. Le but est de remplir les trois objectifs demandés et ainsi remporter le plus de points d’expérience possibles qui permettent de progresser dans les catégories et d’acheter de nouveaux véhicules. Sans que cela ne soit frustrant, il n’est pas rare, loin de là, de devoir recommencer plusieurs fois une épreuve pour la maitriser et afin d’atteindre ses objectifs. À noter que la victoire n’est pas toujours nécessaire. Il peut s’agir de réaliser le meilleur temps en course ou par exemple un certain nombre de dépassements ‘loyaux’ en un laps de temps déterminé. Au niveau des épreuves, il y a des courses traditionnelles, des tours lancés où il faut réaliser le meilleur chrono possible en une seule tentative, ou encore des épreuves de « ciblage », plus arcade, au cours desquelles il faut renverser le plus de cibles sur la piste en une minute. Enfin, avec l’épreuve « Régulateur de vitesse », Project CARS 3 se rappelle au bon vieux souvenir de ses prédécesseurs. L’objectif est de réaliser trois tours chrono à la suite, avec le meilleur temps possible et sans la moindre erreur. Ainsi le simple fait de mordre un peu trop dans la poussière lors d’un virage pour arriver dans les temps vous disqualifiera d’office de l’épreuve. Rageant mais terriblement prenant !

Le mode carrière se divise en plusieurs catégories et permet de progresser simultanément dans les catégories « Road » avec des voitures homologuées pour la route et « GT » avec des voitures de course. Au total, Project CARS 3 propose un garage d’un peu plus de 200 véhicules et 120 circuits. Le contenu est donc à la hauteur de nos attentes et la durée de vie aussi. Ainsi après 20h de jeu, nous avions atteint de 25 % du mode carrière.

En arrivant dans une nouvelle catégorie, deux solutions s’offrent à vous. La moins onéreuse (et parfois la plus efficace) est d’améliorer un véhicule d’une catégorie inférieure que vous avez acheté en gonflant ses performances. L’autre consiste à casser sa tirelire pour acheter une nouvelle voiture. Mais là où le jeu peut se montrer très frustrant c’est lorsqu’il vous apprend que le véhicule pour lequel vous venez de claquer plus de 100.000 crédits ne convient pas à toutes les épreuves du championnat dans lequel vous vous êtes lancé et qu’en réalité vous avez besoin, par exemple, d’une voiture fabriquée entre 2000 et 2010 ou d’un modèle allemand ou américain.

Mais au final, il faut bien admettre que cela faisait quelques années que nous n’avions plus pris autant de plaisir à progresser dans la carrière d’un jeu de course.

Enfin, pour les amateurs de jeu en ligne, Project CARS 3 propose également des courses et des compétitions online.

Des défauts à gogo

Pourtant, malgré des qualités indéniables, il faut aussi admettre que Project CARS 3 n’est pas exempt de tout reproche. Loin de là. Très loin de là. Nous avons testé le jeu sur Xbox One X. Mais dès les premiers tours de roue, nous avons dû faire une croix sur la résolution et la qualité graphique pour privilégier un meilleur framerate. Sans cette modification, l’image saccadait et le jeu ramait honteusement. Si les voitures, jusqu’au cockpit, sont bien modélisées, on ne peut pourtant pas dire que Project CARS 3 soit impressionnant graphiquement. Certaines textures piquent aux yeux, l’animation autour de la piste est quasiment nulle et les décors mais aussi le ciel et les nuages sont très loin de la qualité de ceux de Forza ou de GT Sport, sortis il y a pourtant plus de deux ans.

Votre voiture est quant à elle invincible puisque les dégâts n’ont aucun impact sur la conduite. La modélisation physique des dégâts est quant à elle catastrophique. Un peu de tôle grossièrement froissée, un éclat dans un vitre ou très rarement un capot qui s’envole, c’est tout ce que vous aurez ! Inutile de dire qu’on a déjà vu bien mieux.

Plus embêtant, Project CARS 3 souffre de gros soucis de finition. Il y a des bugs graphiques, beaucoup de bugs. Il n’est pas exemple par rare de voir apparaître à l’écran des objets pixelisés non identifiés ou, au départ d’une course, de voir sa voiture perdre sa peinture et ses éléments de personnalisation et d’avoir un modèle rouge à la place. Nous avons joué au jeu une semaine avant sa sortie. Quelques jours avant le lancement, une grosse mise à jour est déjà venue améliorer les choses mais force est de constater qu’il y a encore du travail et que des mises à jour sont encore nécessaires pour corriger ces problèmes et améliorer l’expérience de jeu. À plusieurs reprises, après le podium d’une course, Project CARS 3 a planté, nous obligeant à relancer le jeu et en nous faisant découvrir que notre progression et nos points d’XP n’avaient pas été sauvegardés…

Notre verdict

Disponible depuis ce 28 août, Project CARS 3 ne fera pas l’unanimité. En adaptant une nouvelle approche, le jeu développé par  Slightly Mad Studios et édité par Bandai Namco se retrouve un peu le cul entre deux chaises : pas assez ‘simulation’ pour les puristes et probablement pas encore assez ‘arcade’ pour les joueurs et les joueuses à la recherche d’un plaisir de conduite immédiat et sans prise de tête. Et pourtant, malgré ses nombreux défauts et une finition qui laisse à désirer, nous avons adoré Project CARS 3. Son mode carrière nous a procuré des sensations que nous n’avions plus ressenties depuis longtemps dans un jeu de course. Si bien que, pour nous, Project CARS 3 est l’un des meilleurs jeux de course de ces deux dernières années et qu’il se classe après Forza et GT Sport sur le podium des meilleurs jeux de voitures de cette génération de console. 4/5

Découvrez le trailer de lancement :

Thomas Wallemacq

 

REVIEW OVERVIEW
Project Cars 3
SOURCEThomas Wallemacq