Des fermes urbaines pour assurer l’autosuffisance alimentaire

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Les fermes urbaines continuent de pousser dans les plus grandes métropoles, se déclinant à la verticale, en rooftop et même au numérique. Quand les nouvelles technologies croisent les besoins d’une agriculture locale et biologique, cela donne des initiatives plutôt prometteuses pour des villes plus durables. Mais jusqu’où les fermes urbaines peuvent assurer l’autosuffisance alimentaire des grandes villes ?

Les fruits et légumes qui arrivent jusqu’au citadin ont généralement été cueillis bien avant leur maturité, et sont issus d’une agriculture intensive à l’origine de nombreux dégâts écologiques.

Les fermes urbaines semblent donc répondre idéalement au challenge mondial de nourrir des populations urbaines éloignées des zones rurales. Elles apporteraient aussi une réelle solution à la question du bien-manger dans les villes. Et leur succès parle de lui-même. la société IFarm, basée à Helsinki, vient de réussir une levée de fonds de 4 millions de dollars pour financer sa ferme verticale et digitale.

Cette ferme gère de manière complètement automatique la gestion de la pousse des plants, à l’aide de la vision par ordinateur, du machine learning et de nombreux capteurs. Cinquante fermes sont en cours de développement en 2020, et d’ici 2026, la société espère exploiter 1 million de mètres carrés avec ses fermes verticales.

L’autosuffisance alimentaire est-elle à leur portée ?

Cela se pourrait, notamment du côté des fermes verticales et de certains aliments. Une publication dans la revue scientifique interdisciplinaire PNAS a mis en évidence des taux de production gigantesques pour la culture du blé en ferme verticale.

Les scientifiques ont calculé, sur la base de valeurs théoriques de la croissance du blé dans des conditions optimales de pousse, qu’un bâtiment de 10 étages avec un seul hectare de terre, pourrait produire jusqu’à 1940 tonnes de blés par an, soit 600 fois plus que la production moyenne mondiale en agriculture traditionnelle.

Notamment car les conditions permettent 5 récoltes par an au lieu d’une. Sans pesticides ni herbicides, avec une faible consommation d’eau et de sols, les fermes verticales pourraient bien tenir leurs promesses.

La viabilité des projets en question

Pour le moment, le coût de ces fermes urbaines est encore très élevé et peu d’entre elles sont rentables. La plupart misent plutôt sur la multiplication de leurs sources de revenus, en s’appuyant sur l’atout de la proximité.

Beaucoup de ces fermes ont donc fait le choix de développer leur impact sur le territoire en organisant des événements culturels, des ateliers, des locations de parcelles aux particuliers ou encore des animations.