De votre balcon à votre lieu de travail: la permaculture s’offre une seconde jeunesse

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En plein confinement, pendant le mois d’avril, les recherches Google autour de la permaculture ont connu un regain d’intérêt dans le monde, notamment en Europe et en Australie. Cette méthode de culture des terres est pratiquée depuis des siècles, mais elle a été un temps oubliée avec le développement de l’agriculture intensive. Aujourd’hui, elle apparaît comme un remède à la fragilité de nos sociétés… et de nos organismes. 

La permaculture est une manière d’aborder la culture des végétaux à partir de ce qui existe déjà dans la nature : de nombreux écosystèmes très différents ont fait la preuve de leur résistance au cours du temps. L’idée est de s’inspirer de ces écosystèmes pour faire son potager. La première étape consiste à analyser le territoire dans lequel va s’inscrire la zone cultivée : nature des sols, vent, insectes, ensoleillement. Ensuite, il s’agit de favoriser la diversité des plantations afin de faire collaborer le maximum d’organismes qui vont permettre un rendement efficace sur un minimum de surface. Evidemment, les intrants (engrais chimiques, insecticides, pesticides) sont bannis en permaculture.

La permaculture séduit le grand public…

La permaculture est accessible à tous et toutes, quelle que soit son expérience en jardinage. « On peut commencer tout petit par un micro-écosystème comme une jardinière sur son balcon, on observe, on fait des erreurs, et on finit par affiner notre regard », explique Hugues Devries, qui pilote le projet de réhabilitation du potager du Château de Menthon, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Il a l’expérience des rencontres entre le grand public et la permaculture. « Il n’y a jamais de gens complètement réfractaires. Certaines personnes appartenant à des générations où les pratiques agricoles étaient très différentes sont parfois surprises par les nôtres, mais ils en voient rapidement les mérites. Et tous les gens qui viennent ressortent avec l’envie d’expérimenter« .

Le numérique joue également un grand rôle dans la popularité de la permaculture, en permettant la collecte d’informations dans le monde entier. « Grâce aux réseaux sociaux, on peut compiler les meilleures pratiques observées dans le monde et les partager« , précise le professionnel. Mais le potager est loin d’être la seule approche possible de la permaculture.

« Il y a plusieurs approches de la permaculture. Au niveau du grand public, je dirais qu’il y a environ 80% de personnes qui arrivent par l’intermédiaire du potager, et 20% de personnes qui viennent parce qu’elles s’intéressent aux principes de la permaculture dans son aspect systémique », explique Hugues Devries. Et l’aspect systémique de la permaculture, celui-ci l’a bien compris !

… Et les entreprises

Car le Château ouvre également les portes du potager aux entreprises lors de séminaires dédiés. Pour Hugues Devries, s’adresser aux entreprises était évident : les principes à la base de la permaculture s’appliquent selon lui de la même manière pour tous les écosystèmes vivants, végétaux, animaux et humains. « Un jardin ou un potager peut nous apprendre à revoir le management et les relations humaines en entreprise ».

L’inspirateur en permaculture, tel qu’il se définit lui-même, après avoir passé 25 ans de sa vie en entreprise, a très vite compris les résonances entre la permaculture et le monde en entreprise. Le séminaire propose de nombreux ateliers destinés à amener les collaborateurs à prendre du recul sur leur propre environnement professionnel et leur approche des relations humaines.