Le risque de contamination est-il plus élevé à l’école que dans les familles ?

Belga / D. Waem

Une nouvelle étude menée par Sciensano conclut que les enfants développent moins souvent des symptômes liés au nouveau coronavirus que les adultes et que les infections secondaires sont moins fréquentes à l’école qu’à la maison. Par ailleurs, les enfants souffrent rarement de complications sévères de la maladie Covid-19, a indiqué vendredi la porte-parole interfédérale Frédérique Jacob, lors de la conférence de presse du Centre de crise et du SPF Santé publique. Le rapport vient corroborer plusieurs études étrangères déjà publiées.

L’étude se focalise sur l’infection Covid-19 chez les enfants depuis le début de l’épidémie en Belgique (début mars) jusqu’au 28 juin. Dans ce rapport, les enfants sont définis comme des personnes âgées de moins de 18 ans. Bien que les mineurs d’âge aient été moins testés, surtout au début de l’épidémie, ils sont moins souvent diagnostiqués positifs que les adultes (1,8% en moyenne contre 6,3%). Ainsi, les enfants, qui constituent 20% de la population belge, représentent 3% du nombre total de contaminations.

Peu d’infections secondaires dans le cadre scolaire

Le rapport, qui se base notamment sur des données collectées par les Services de promotion de la santé à l’école (PSE) et leurs homologues flamands, révèle par ailleurs que 378 cas de SARS-Cov-2 ont été signalés en milieu scolaire, parmi lesquels 270 élèves et 108 membres du personnel. Ces contaminations ont eu pour conséquence la mise en quarantaine préventive de 4.715 personnes (dont 243 adultes). Au final, seul 1% des personnes placées en quarantaine ont développé des symptômes ou ont été testées positives. Il s’agit de 11 membres du personnel (4,7% des membres du personnel en quarantaine) et 36 élèves (0,8% des 4.472 élèves en quarantaine). Le nombre d’infections secondaires dans le cadre scolaire est donc « très faible » comparé à celui constaté dans le cadre familial, qui fluctue entre 10 et 20%.

Moins d’hospitalisations chez les enfants

Enfin, les enfants développent rarement des complications sévères de la maladie. Seuls 267 enfants ont dû être hospitalisés en raison d’une contamination par le nouveau coronavirus, ce qui représente un pourcentage de 1,6% d’enfants malades. Ce taux est 10 fois plus élevé chez les personnes de plus de 65 ans. Une admission aux soins intensifs s’est révélée nécessaire pour seulement sept enfants (3%). À noter que l’étude n’inclut pas les patients atteints de la maladie de Kawasaki, attribuée à la Covid-19.

La durée de séjour des enfants à l’hôpital était généralement courte (trois jours en moyenne). Les enfants de moins de trois mois représentaient la plus grande partie de ces hospitalisations pédiatriques. « Cela s’explique probablement par le fait que la fièvre chez ces jeunes enfants est un signal d’alarme et par le fait qu’un test positif dans cette tranche d’âge engendre une plus grande inquiétude », a relevé Frédérique Jacob. La moitié des enfants hospitalisés étaient âgés de moins d’un an, parmi lesquels 70% avaient moins de trois mois.

Aucun décès n’a été rapporté chez un enfant durant la surveillance clinique reprise dans le rapport. Toutefois, le décès d’une fillette de 12 ans a été signalé au cours de la période concernée par ce rapport. Un autre enfant de trois ans est par ailleurs décédé en dehors de la période étudiée, a souligné la porte-parole interfédérale.

Quid de la rentrée ?

Frédérique Jacob a ensuite été interrogée sur sa position concernant la rentrée des classes, après l’appel des pédiatres, cette semaine, pour un retour à l’école de tous les enfants à temps-plein dès le 1er septembre. « Nous partageons complètement l’avis des pédiatres qui se sont exprimés dans une carte blanche. Nous pensons qu’il est extrêmement important que les enfants puissent retourner à l’école, tant sur le plan de l’éducation que sur le plan psychologique », a-t-elle répondu.