L’érobiotique, une solution pour le bien-être des astronautes

AFP / R. Beck

Depuis quelques jours, les lancements à destination de Mars se multiplient : la sonde émiratie Al-Amal, la mission chinoise Tianwen, et la mission américaine Mars 2020. S’il faudra attendre deux ans pour que les sondes parviennent jusqu’à la planète rouge, les scientifiques, eux, pensent déjà aux missions d’exploration humaines à venir.

Parmi les obstacles à franchir, celui du bien-être des astronautes face à l’isolement social et intime. Une solution pourrait résider dans l’érobotique. Bien que formés et entraînés pour vivre dans des espaces clos sur une longue période, les astronautes restent des êtres humains, et il y a des besoins qu’il est difficile d’annihiler. Parmi eux, le besoin affectif et sexuel pourrait trouver une solution dans les érobots, une technologie inventive dans le champ de la sexualité. Les chercheurs Simon Dubé (Concordia University) et Dave Anctil (Université de Laval) sont les pionniers dans ce domaine.

L’érobotique, ou la robotique au service de la sexualité humaine

Les jouets sexuels existent depuis longtemps et permettent déjà la satisfaction sexuelle de l’utilisateur. Mais selon les deux chercheurs, la dimension sociale de la sexualité humaine ne se satisfait pas de ces jouets. C’est là que les érobots font leur apparition. Ce mot-valise créé à partir des mots « érotique » et « robot » désigne toutes les technologies robotiques consacrées à la sexualité humaine.

Ce sont par exemple les robots sexuels, les agents conversationnels érotiques, ou encore les partenaires virtuels ou augmentés. Ils offriraient une intimité physique et/ou affective bien suffisante pour calmer les ardeurs ou les angoisses dus à l’isolement des astronautes. Des expériences immersives et interactives seraient même possibles en combinant érobots et jouets sexuels. L’érobotique pourrait même, pour les chercheurs, devenir un champ d’étude à part entière.

Le besoin affectif et sexuel est loin d’être une bagatelle

Face aux nombreux tabous entourant la sexualité, les chercheurs plaident pour une meilleure écoute des sciences, qui démontrent que les besoins sexuels et affectifs sont des besoins fondamentaux de la nature humaine. Ces besoins pourraient même compromettre une mission s’ils restaient impensés par la recherche spatiale. Simon Dubé et Dave Anctil arguent notamment que l’abstinence ne peut convenir à tout le monde et que l’érobotique est encore la meilleure solution pour résoudre la question des besoins intimes humains dans l’espace.

Une réflexion éthique nécessaire

De nombreux chercheurs ne s’arrêtent pas là et imaginent déjà toutes les ressources que pourrait apporter l’érobotique. Ce domaine interdisciplinaire pourrait en effet avoir des effets positifs dans la santé, en prenant par exemple les constantes des astronautes. Pour certains, les érobots pourraient aussi être utilisés dans l’éducation et la recherche. Ainsi, pas moins de dix-huit scientifiques ont déjà réfléchi aux implications éthiques et scientifiques de ce nouveau domaine, à lire dans la publication du MIT Robot Sex.