Triste record : 100 tonnes de déchets plastiques récupérés dans les océans

Ph. Ocean Voyages Institute

Après 48 jours d’expédition, le navire de l’Ocean Voyages Institute s’est amarré au port d’Honolulu. À son bord, quelque 103 tonnes de déchets plastiques ramassés dans l’océan, dans le vortex de déchets du Pacifique nord. C’est à ce jour la plus grande opération de nettoyage en haute mer de l’histoire.

Fin juin, le navire S/V Kwai de l’Ocean Voyages Institute s’amarrait au port d’Honolulu, à Hawaï. À son bord, un équipage dévoué ainsi que 103 tonnes de plastiques à usage unique et filets de pêche.

Ph. Ocean Voyages Institute

Ce navire de nettoyage rentrait d’une longue mission dans le vortex de déchets du Pacifique nord. Cette zone, également baptisée « Gyre de déchets » ou « septième continent », se situe à mi-chemin entre Hawaï et la Californie. Entraînés par les courants marins, les milliards de déchets déversés dans les océans s’accumulent au fil du temps pour former de véritables décharges flottantes.

Le gyre du Pacifique est la plus importante des cinq principales régions d’accumulation dans les océans du monde. Elle fait approximativement deux fois la taille du Texas.

Protéger les océans et la biodiversité

L’année passée, l’Ocean Voyages Institute avait récupéré 48 tonnes de plastiques toxiques en deux nettoyages. Cette année, en 48 jours, l’équipe a récupéré plus que le double de déchets que l’année dernière.

«Nous avons dépassé notre objectif d’attraper 100 tonnes de plastiques de consommation toxiques et de filets ‘fantômes’ abandonnés », se réjouit Mary Crowley, fondatrice de l’Institut. « En ces temps difficiles, nous continuons à aider à restaurer la santé de notre océan, ce qui influence notre propre santé et celle de la planète. »

Ph. Ocean Voyages Institute
Ph. Ocean Voyages Institute

Stockés dans de grands sacs avant d’être ramenés sur terre, les déchets sont ensuite recyclés ou proprement éliminés.

S’ils ne sont pas récupérés, ces déchets se transforment en microplastiques. Ceux-ci altèrent la capacité de l’océan à stocker le carbone et fragilisent sa biodiversité. En outre, les filets abandonnés à l’eau sont un véritable danger pour la faune marine. Baleine, dauphin, tortue et récifs s’y emmêlent. Prisonniers, ils se blessent voire finissent par y mourir, comme on peut le voir sur les photos de l’Institut.

Ph. Ocean Voyages Institute
Ph. Ocean Voyages Institute

 « Pas de solution miracle »

Chaque année, l’être humain déverse 8 millions de tonnes de déchets plastiques dans les océans. D’après le WWF, la quantité accumulée dans l’océan pourrait doubler pour atteindre 300 millions de tonnes d’ici 2030 !

«Il n’y a pas de solution miracle au nettoyage des océans: ce sont de longues journées en mer, avec un équipage dévoué qui scrute l’horizon, récupérant des filets ou d’énormes quantités de déchets,», explique Locky MacLean, un ancien directeur de Sea Shepherd et militant pour la conservation des océans.

Ph. Ocean Voyages Institute

Pour repérer les amas de détritus, l’Ocean Voyages Institute s’en remet à la technologie de tracking par satellites GPS. Ces balises GPS sont placées sur des filets par des yachts et des navires volontaires. Grâce à ces trackers, un filet de pêche étiqueté conduit donc souvent à d’autres filets et à une région où la densité de débris est très forte.

L’équipage repartira pour une seconde mission afin de poursuivre le nettoyage dans ce vortex. Sa durée dépendra des dons perçus par l’organisation.