Test : Ghost of Tsushima – Voici venu le temps des samouraïs

Ghost of Tsushima - Capture Metro

Quelques semaines après The Last of Us Part II, Sony dégaine sa nouvelle et dernière exclusivité sur PS4. Ghost of Tsushima est-il à la hauteur des autres exclus qui ont marqué la PS4 ? À quelques jours de la sortie et après une vingtaine d’heures de jeu, voici la réponse dans notre test.

Développé par Sucker Punch, Ghost of Tsushima plonge les joueurs dans une période historique relativement peu exploitée dans le jeu vidéo : le Japon féodal. À la fin du 14e siècle, en pleine invasion mongole, on incarne Jin Sakai, l’un des derniers samouraïs de son clan. Alors que les guerriers mongols dirigés par le sanguinaire général Khotun Khan ont envahi l’île de Tsushima, le jeune Jin va devoir organiser la résistance pour repousser et vaincre les troupes ennemies. Quitte à faire quelques entorses au code des samouraïs.

 

Un vaste monde ouvert

Ghost of Tsushima se présente comme un jeu d’aventure à la troisième personne se déroulant dans un grand monde ouvert. On y retrouve également de nombreux éléments de RPG (tiens, tiens comme les derniers Assassin’s Creed, on y reviendra plus tard !) avec des points de compétences à utiliser, des ressources à collecter pour améliorer ses équipements et un guerrier à faire progresser. L’aventure se déroule en trois actes qui représentent les trois grandes parties de l’île de Tsushima.

Sur son fidèle cheval, le joueur est libre de se rendre où il veut et d’aborder l’aventure à la manière de son choix. Vous pouvez ainsi privilégier l’exploration et découvrir les moindres recoins et les nombreux points d’intérêts de l’île (les sanctuaires, les sources chaudes, les bambous d’entraînement, les piliers de l’honneur,…), suivre l’un des multiples récits de Tsushima, effectuer des dizaines de quêtes annexes et bien sûr de suivre les missions du scénario principal. Vous l’aurez compris, la liberté est de mise et il y a plein de choses à faire sur l’île.

Assassin of Tsushima

Du côté du gameplay, on ne savait pas trop à quoi s’attendre. Un temps, nous pensions que Ghost of Tsushima allait être un « Dark Souls Like », exigeant et centré sur les combats. Finalement, il n’en est rien. Le jeu de Sucker Punch est un jeu d’aventure violent mais accessible à tous et finalement extrêmement proche des deux derniers épisodes de la saga Assassin’s Creed, Origins et Odyssey. Vous pouvez jouer en mode infiltration en assassinant les ennemis en toute discrétion, parfois cette approche est même obligatoire et nécessaire. Mais vous pouvez aussi foncer dans le tas et même provoquer les ennemis en demandant une confrontation. Pour adopter sur cette approche, il suffit d’appuyer sur la flèche du haut lorsqu’on croise un groupe d’ennemis. Débute alors un duel, proche d’un face à face entre deux cow-boys, lors duquel il faudra relâcher le bouton ‘triangle’ au bon moment pour tenter de réaliser un véritable carnage.

Pour le reste, les combats sont dynamiques. Ils se déroulent soit au corps à corps, soit à distance via les arcs ou une sarbacane. Ils reposent également sur une bonne gestion de l’esquive et du contre des attaques ennemis. C’est rythmé et plutôt efficace, même lors d’affrontements contre plusieurs ennemis à la fois (même s’il faut avouer qu’ils ont tendance à gentiment attendre leur tour avant de frapper). On regrettera néanmoins l’interface permettant de jongler entre les différentes armes, accessoires et postures. Elle est un peu brouillonne, pas très intuitive et pas évidente à prendre en main.

Sous le vent

Au-delà de ces fameuses « confrontations », Ghost of Tsushima se distingue en proposant pas de mini-map permettant de se déplacer et rejoindre les lieux des missions. Ici, c’est le vent qui vous guidera. Il suffit de faire glisser son doigt sur le pavé tactile de la DualShock4 pour que le vent se lève et souffle dans la direction à suivre. Pour attendre votre objectif, il suffit d’observer les bourrasques et la sens dans lequel se dirigent les plantes, l’herbe ou les feuilles des arbres. Une méthode originale et finalement plutôt sympathique.

Un manque d’originalité

Graphiquement, Ghost of Tsushima souffle le chaud et le froid. Sur la version PS4 Pro que nous avons testée, le jeu offre de sublimes panoramas et de jolis effets de lumière sur les paysages. Néanmoins, le jeu reste clairement un cran en-dessous des derrières exclusivités PS4 comme The Last of Us Part II ou Death Stranding. Certaines textures moins détaillées sont vraiment ratées. Enfin, cela sera peut-être corrigé par des mises à jour mais nous avons été confrontés à de nombreux bugs, notamment de collision.

Malgré un univers accrocheur, Ghost of Tsushima pêche par son manque d’originalité. C’est loin d’être un mauvais jeu mais il a tendance à trop donner l’impression de jouer à un Assassin’s Creed dans le Japon féodal. Dans l’absolu, ce n’est pas une mauvaise chose, tant les deux derniers épisodes de la saga d’Ubisoft étaient excellents. Malheureusement, Ghost of Tsushima n’arrive pas vraiment à s’en distinguer, ni à faire mieux. De plus, la motion capture peine à convaincre. À part peut-être le général mongol, le héros et les personnages principaux manquent de charisme et sont peu attachants. Dommage. Finalement, on ne ressent jamais vraiment l’émotion dans laquelle le scénario voudrait nous faire tomber.

Enfin, Ghost of Tsushima propose une solide durée de vie. Il nous aura fallu environ 20 heures pour terminer le jeu en suivant le scénario principal et en accomplissant quelques quêtes annexes. Comptez au moins dix heures supplémentaires pour terminer le jeu à 100 % et finir les nombreuses missions secondaires du jeu.

Notre verdict

Difficile de passer après l’excellent The Last of Us Part II. C’est à Ghost of Tsushima que revient cette lourde tâche. Au final, c’est un bon jeu mais il n’est pas à la hauteur d’autres exclusivités qui ont marqué la PS4 comme God of War, Last of Us Part II, Horizon Zero Dawn, Uncharted 4 et même Days Gone. Si vous avez adoré Assassin’s Creed Origins et Odyssey, vous devriez aimer Ghost of Tsushima. Mais si par contre, vous vous attendiez à un Dark Souls, vous risquez d’être déçu. S’il ne brille pas par son originalité, Ghost of Tsushima n’en reste pas moins un chouette et agréable voyage, long d’une vingtaine d’heures, dans le Japon féodal, à l’époque des samouraïs. Ce n’est pas le jeu de l’année, il ne marquera pas l’histoire de la PS4, mais il reste un bon jeu pour l’été. 4/5

Thomas Wallemacq

Découvrez la bande-annonce de lancement :

REVIEW OVERVIEW
Ghost of Tsushima
SOURCEThomas Wallemacq