L’exclusion de personnes infectées d’un vote régional provoque la colère en Espagne

AFP / J. Guerrero

Les autorités espagnoles ont décidé d’exclure les personnes infectées par le nouveau coronavirus des élections locales organisées dimanche dans le Pays basque et en Galice, ce qui a provoqué une vive colère, la presse et les experts dénonçant une mesure anticonstitutionnelle.

La décision concerne quelque 500 électeurs qui ont été avertis dans une lettre des autorités qu’ils ne pourraient se rendre dans les bureaux de vote alors que la date butoir pour le vote postal était déjà passée.

L’exclusion du scrutin concerne non seulement les personnes contaminées placées en quarantaine mais également celles qui ont été testées positives au Covid-19 mais sont asymptomatiques, ainsi que celles souffrant des symptômes de la maladie et qui attendent les résultats de leur test PCR.

« Une décision monstrueuse »

Andres Betancor, professeur de droit administratif à l’Université Pompeu Fabra de Barcelone, a qualifié la décision de «monstrueuse» dans une interview accordée au journal El Mundo. Le professeur souligne que le droit de vote des personnes malades doit être garanti, même si elles n’avaient pas opté précédemment pour le vote par correspondance. L’avocat constitutionnaliste Xavier Arbos parle lui d’une mesure «absolument anticonstitutionnelle».

«Le Covid piétine la loi électorale», titrait samedi le journal en ligne El Confidencial. Plusieurs médias soulignent que la décision n’est basée sur aucune loi. Un éditorial du journal El Mundo appelle à garantir aux personnes contaminées une manière alternative, sûre, de voter.

Les élections dans les régions autonomes de Galice et du Pays basque étaient initialement prévues le 5 avril mais avaient été reportées en raison de la pandémie. Un changement de pouvoir n’est pas attendu.