Le Dalaï Lama fête ses 85 ans et sort un album

Ph. Lobsang Wangyal / AFP

Le Dalaï Lama, leader spirituel du bouddhisme tibétain, a fêté ses 85 ans lundi. Au vu de la pandémie de coronavirus, les célébrations ne sont pas nécessaires, a-t-il souligné dans un message vidéo enregistré à Dharamsala, une ville du nord de l’Inde où il vit en exil.

À la place, les fidèles étaient invités à réciter, chez eux, 1.000 fois la même prière pour qu’il vive plus de 100 ans. Au fur et à mesure que le Dalaï Lama avance en âge, sa succession spirituelle suscite de plus en plus d’inquiétudes, alors que Pékin entend décider de la question.

Un album

Pour son 85e anniversaire, le leader bouddhiste a sorti lundi un album intitulé «Inner World» (le monde intérieur), composé de 11 morceaux où il récite en musique des mantras, des prières de méditation et des enseignements. Cet album est le fruit de cinq années de travail, en collaboration avec la musicienne néo-zélandaise Junelle Kunin. Pour cette disciple du Dalaï Lama, l’album n’est pas seulement religieux. Il s’agit aussi d’une oeuvre pour aider les gens à se sentir bien.

Plusieurs événements étaient également organisés en ligne par le gouvernement tibétain depuis Dharamsala.

Plusieurs personnalités internationales ont adressé leurs vœux au Dalaï Lama, comme l’ancien président des Etats-Unis George W. Bush ou la présidente de la Chambre des représentants américaine Nancy Pelosi.

Chef spirituel

Né sous le nom de Lhamo Dhondup en 1935, l’actuel leader tibétain a été reconnu comme étant la réincarnation du 13e Dalaï Lama à l’âge de 2 ans. Le Dalaï Lama est en réalité considéré comme la réincarnation vivante, de génération en génération, de l’esprit de la déité Avalokiteshvara.

Intronisé comme chef d’État le 22 février 1940 à Lhassa, la capitale du Tibet, il a fui en Inde accompagné de milliers de fidèles après la répression en mars 1959, par le régime chinois, d’un mouvement de contestation tibétain.

Visage mondialement connu de la communauté tibétaine, le chef spirituel bouddhiste a reçu en 1989 le prix Nobel de la paix pour ses efforts à trouver une solution non-violente entre Pékin et la province sous domination chinoise.

Le régime chinois considère le Dalaï Lama comme un leader séparatiste, responsable de troubles au Tibet et lui interdit tout voyage dans cette région. La Chine estime avoir le droit de décider quel sera le successeur du 14e Dalaï Lama. En novembre dernier, plusieurs haut dirigeants tibétains ont pressé ce dernier de désigner son successeur.