Des espèces rares et protégées vendues sur Facebook en Belgique

Mark RALSTON / AFP

Plus de 100 annonces suspectes pour la vente d’espèces rares et protégées de reptiles et d’oiseaux ont été identifiées sur le web entre juillet et septembre 2019 en Belgique et aux Pays-Bas, ressort-il jeudi d’un rapport du WWF et de l’organisation Traffic. Le commerce des espèces en question est hautement suspecté d’illégalité, en raison du niveau de protection de ces animaux, de leur rareté ou de leurs antécédents en matière de trafic, explique le WWF.

Sur les 106 annonces, 91 ventes uniques ont été répertoriées. Parmi elles, 49 annonces concernaient des oiseaux, pour un total d’au moins 93 spécimens, et 42 concernaient des reptiles, soit au moins 94 spécimens.

25 % des annonces sur Facebook

Plus de 50% des annonces ont été découvertes sur des sites spécialisés, 20% sur des sites d’annonces plus généralistes et 25% ont été recensées sur Facebook. Le réseau social est par ailleurs membre de la Coalition pour Mettre Fin au Trafic d’Espèces Sauvages en Ligne et a interdit en 2019 le commerce d’animaux sauvages, à l’exception de ceux provenant de marchands contrôlés.

Parmi 65 vendeurs différents, 60% semblaient être des amateurs et 40% étaient des vendeurs professionnels. Certains avaient des antécédents dans le trafic d’animaux sauvages.

L’Ara et le gecko particulièrement touchés

Les espèces d’oiseaux les plus fréquemment rencontrées étaient l’Ara hyacinthe et l’Ara à gorge bleue tandis que le gecko nain turquoise et le lézard crocodile chinois étaient respectivement mentionnés dans 12 et 11 annonces. Ces espèces sont toutes menacées d’extinction. Au sein de l’UE, la Belgique et les Pays-Bas occupent une place importante dans le commerce légal et illégal d’espèces sauvages. Tous deux constituent des destinations et des pôles de transit importants, en plus de leurs marchés domestiques d’espèces sauvages florissants.

« Le trafic en ligne d’espèces sauvages menace des milliers d’espèces et risque de propager des maladies zoonotiques, qui peuvent avoir des effets dévastateurs sur notre société », déclare Emilie Van der Henst, une des auteures du rapport. « Tout le monde, des particuliers aux gouvernements en passant par le secteur privé, peut contribuer à freiner le trafic sur Internet en s’assurant que les publications en ligne sont légales et que toute activité illégale est signalée ».

Les autorités doivent agir

Le rapport recommande notamment aux membres de l’UE de mener des enquêtes par des agents sous couverture, de développer des mécanismes de signalement spécifiques ou encore de fournir un cadre légal aux conditions de vente et d’acquisition en ligne.

Un autre rapport présente également des solutions technologiques telles que des logiciels afin de lutter contre la cybercriminalité liée aux espèces sauvages. Celles-ci « peuvent aider à surveiller et à détecter les activités suspectes liées au commerce des espèces sauvages en ligne sans avoir recours à la collecte manuelle de données, qui prend du temps et demande beaucoup de travail », peut-on lire dans le communiqué.

« Les dernières technologies peuvent changer la donne dans la lutte contre le trafic d’espèces sauvages en ligne, mais elles nécessiteront un degré élevé de collaboration et de coordination entre les parties prenantes, notamment la police, les douanes, les universités, les ONG et les grandes sociétés technologiques », déclare Florian Debève, chargé de projet européen sur la cybercriminalité liée aux espèces sauvages et auteur du rapport sur les technologies.