La coronavirus devient-il plus faible?

DPA / Boris Roessler

Selon une petite étude italienne, des patients qui ont été testés positifs au Covid-19 en mai dernier avaient une plus petite charge virale que ceux qui avaient été testés un mois plus tôt. Des résultats qui doivent encore être confirmés, selon le Daily Mail.

L’étude de Massimo Clementi, publiée dans la revue Clinical Chemistry and Laboratory Medicine, n’a pas cherché de mutations dans le virus ou de changements chez les patients qui pourraient expliquer pourquoi la maladie semblait globalement moins sévère chez les patients en mai.

Il a surtout cherché des liens entre la gravité de la maladie et la quantité de virus – la charge virale – chez les patients. Selon les chercheurs, les mesures de confinement ont pu réduire l’exposition des patients au virus, mais ils n’ont pas pu fournir de preuves pour expliquer cette conclusion.

Le mois dernier, Alberto Zangrillo, chef des soins intensifs à l’hôpital italien San Raffaele de Milan, avait déjà déclaré que le le virus n’existait « cliniquement plus en Italie », suggérant que l’interaction entre le virus et son hôte humain avait changé et qu’il ne se répliquait plus à un rythme aussi rapide à l’intérieur du corps.

Pour cette étude, les chercheurs ont analysé 200 écouvillons nasopharyngés prélevés à l’hôpital de San Raffaele. La moitié provenait de patients traités en avril – au plus fort de la pandémie – et l’autre moitié de patients traités en mai. Et c’est en avril que les symptômes développés étaient plus graves et que les patents étaient plus susceptibles d’avoir besoin d’une hospitalisation et de soins intensifs.

Néanmoins, il n’est encore pas possible de dire si le virus évolue de manière à donner aux humains une meilleure chance de lutter contre lui, ou si, grâce aux tests, à la distanciation sociale et au port de masque, nous sommes tout simplement meilleurs pour le combattre.

Plus de 40% sans symptôme

Néanmoins, plus de 40% des habitants d’une ville italienne infectés par le coronavirus ne présentaient aucun symptôme, ressort-il d’une étude publiée dans la revue Nature. Cela étayerait la thèse selon laquelle les porteurs sains jouent un rôle majeur dans la propagation du coronavirus.

L’étude a été réalisée dans la ville italienne de Vo, où un premier décès lié au coronavirus a été enregistré en février. Presque immédiatement après, la ville a été mise en quarantaine, et environ 85% des habitants ont été testés. Ces tests ont montré que 2,3% de la population était contaminée. Parmi les habitants infectés, 42,5% d’entre eux ne présentaient aucun symptôme.

L’enquête souligne l’importance de tester à grande échelle et d’isoler les personnes porteuses du virus SARS-Cov-2, selon les scientifiques. Les habitants infectés qui ne présentaient aucun symptôme avaient la même quantité de virus dans leur corps que les patients qui présentaient des symptômes.

« Un porteur sain n’est pas conscient de l’infection et, en fonction de son mode de vie et de sa profession, il peut être amené à rencontrer beaucoup de monde », explique Enrico Lavezzo, l’un des chercheurs.

Les scientifiques ont également constaté que les enfants de moins de 10 ans n’étaient pas contaminés, malgré le fait que certains d’entre eux vivaient avec des adultes infectés.