Des anciens militaires campent à côté d’une statue de Baden-Powell pour la protéger

Ph. Twitter

La décision de retirer temporairement une statue de Robert Baden-Powell de la ville de Bournemouth a été décalée, faute de moyens logistiques suffisants. En attendant qu’elle puisse être déplacée, de nombreux anciens soldats et autre manifestants ont décidé de camper à côté de celle-ci pour empêcher qu’elle puisse être déboulonnée. 

Il y a quelques jours, le conseil de Bournemouth, Christchurch et Poole avait annoncé que la statue du fondateur du scoutisme, Baden-Powell serait temporairement retirée après avoir été placée sur une liste de statues à renverser par des militants, afin de la préserver. Néanmoins, la décision a ensuite été décalée, car le déboulonnage demandait des moyens trop importants aux autorités locales.

Afin d’empêcher la statue d’être vandalisée, des manifestants, composé d’anciens militaires, ont décidé de camper à côté de la statue pour la protéger. Les autorités locales avaient pourtant déjà annoncé qu’elles assureraient la surveillance du site de façon continue. Il semblerait que les manifestants n’aient pas bien compris que la statue allait être retirée afin de la protéger, et pas pour d’autres raisons.

« La statue reste ici »

Le maire local craignait que la statue ne soit vandalisée car elle ne se situe qu’à trois mètres d’écart de la mer. il a indiqué: « En ce qui concerne l’avenir de la statue à long terme, elle reste ici. Baden-Powell a fait énormément de bien, il a créé une organisation qui a rassemblé des personnes de différentes religions, origines ethniques et races. »

« Nous savons que la population locale est fière des liens de Lord Baden-Powell et du mouvement scout avec Poole, et que certaines personnes ont le sentiment que nous céderions aux manifestants en retirant temporairement la statue. Nous pensons cependant qu’il est de notre responsabilité de la protéger pour que les générations futures puissent en profiter et la respecter. Nous n’enlèverons pas la statue aujourd’hui car les fondations sont plus profondes que prévu et nous devons discuter avec les entrepreneurs de la meilleure façon de l’enlever en toute sécurité. Bien que nous ne puissions pas dire quand un enlèvement temporaire pourra avoir lieu, nous assurerons une sécurité 24 heures sur 24 jusqu’à ce qu’elle soit enlevée ou que la menace diminue », a-t-il poursuivi.

Un contexte explosif 

Les détracteurs de Baden-Powell (1857-1941) l’accusent de racisme, d’homophobie et de liens avec le régime nazi. Mais ses défenseurs soulignent son rôle dans la création des Scouts, organisation synonyme d’entraide, qui affiche plus de 54 millions de membres dans le monde.

Ces faits illustrent les tensions entourant la question des symboles du passé colonial britannique dans l’espace public, relancées par la vague d’indignation suivant la mort de George Floyd. Si certains voient dans ces monuments une glorification de crimes du passé, d’autres voient dans leur retrait une manière d’effacer l’histoire sans s’attaquer aux causes du racisme. Quelques jours après le déboulonnage de Bristol, une autre statue, celle du marchand d’esclaves Robert Milligan (1746-1809), dont une pétition demandait le retrait, avait été enlevée en hâte dans le quartier des Docklands à Londres.