Le chaton Lee peut retourner au Pérou, « ses vaccins sont en ordre »

belga / N. Maeterlinck

Le chaton Lee, que sa propriétaire avait ramené du Pérou en Belgique début avril sans autorisation de l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca), est le bienvenu dans le pays andin, a indiqué l’homologue péruvien de l’Afsca, le Senasa. L’animal est au centre d’une procédure judiciaire, à Anvers, opposant l’étudiante de 23 ans Selena Ali, qui refuse que son chat soit euthanasié, à l’Afsca, qui craint que Lee puisse être porteur de la rage.

«À aucun moment le Senasa n’a refusé l’entrée sur son territoire à ce chat en provenance de Belgique», a réagi le directeur du Senasa, Miguel Quevedo Valle, dans un courrier relayé mardi par l’association de défense des animaux Gaia. «Nous sommes disposés à ce que le chaton Lee puisse revenir dans notre pays, étant donné que tous les vaccins qui assurent sa santé sont en ordre», a également posté l’agence péruvienne dimanche sur son compte Twitter.

Vers une quarantaine? 

L’animal «peut retourner au Pérou s’il présente l’un des deux documents suivants: un certificat de santé émis par l’autorité belge (et reprenant les vaccinations) ainsi que le passeport» du chaton, détaille par courrier M. Quevado Valle. Ou «le certificat de vaccination émis par le vétérinaire péruvien, où apparaît le vaccin contre la rage». Dans ce second cas, Lee devra être placé en quarantaine pendant 15 jours à son arrivée sur le sol péruvien, prévient le directeur du Senasa.

L’étudiante de 23 ans avait ramené le petit félin, adopté dans un bar à chats de Cuzco, dans un vol qui la rapatriait en Belgique en raison de la crise du coronavirus, sans autorisation de l’Afsca. Or, le Pérou est un pays considéré à haut risque pour la rage. L’animal a été vacciné contre cette maladie, mais n’a pas passé suffisamment de temps en quarantaine. Fin avril, l’Afsca avait alors demandé qu’il soit euthanasié, car il n’est pas exclu que l’animal soit porteur du virus. Selena Ali s’y est opposée et n’a pas rendu le chaton. Une procédure judiciaire est actuellement en cours pour déterminer le sort de l’animal.

Les agences dos à dos

«Lorsque nous avons fait valoir que l’Afsca avait délibérément fourni les mauvais documents (de rapatriement) au Senasa et que, si les bons documents étaient envoyés, Lee y serait le bienvenu, l’agence nous a accusés de déclarations trompeuses et diffamatoires», a réagi mardi le président de Gaia Michel Vandenbosch. «Cela soulève de sérieuses questions sur le comportement de l’Afsca.»

L’Afsca maintient pour sa part que le retour du chaton au Pérou a été initialement refusé. «Nous n’avons pas encore reçu de notification officielle que la position du Senasa a changé entre-temps», a réagi mardi la porte-parole de l’agence fédérale, Hélène Bonte. Le juge des référés d’Anvers rendra son jugement dans ce dossier le 5 juin.