La crise du coronavirus, un prétexte pour Ryanair?

Paul Faith / AFP

La crise sanitaire du coronavirus Covid-19 « ne peut en aucun cas servir de prétexte à Ryanair pour contourner la législation belge du travail », signale la Belgian Cockpit Association (BeCA), l’organisation professionnelle représentant les pilotes de ligne en Belgique. Elle enjoint la compagnie aérienne à bas coût de devenir « un employeur socialement responsable ».

Lundi, le syndicat chrétien CNE a révélé que Ryanair souhaitait se séparer de 30 membres du personnel de cabine en Belgique à la suite de la crise du coronavirus. Ces départs s’inscrivent dans la volonté de la compagnie irlandaise à bas coûts, annoncée au début du mois, de se séparer de 3.000 personnes. Dans ce contexte, la Belgian Cockpit Association dénonce dans un communiqué en soirée « les pratiques sociales inacceptables mises en place par Ryanair et exhorte la compagnie à respecter ses obligations en vertu de la loi du travail belge ».

Pas de procédure « Renault »

« Alors que la compagnie se plaint publiquement des répercussions financières de la crise du coronavirus et des aides d’État accordées à plusieurs de ses concurrents en Europe, ses résultats financiers et ses perspectives de reprise publiés la semaine passée sont au beau fixe », constatent les pilotes. Ils pointent en outre que rien n’a été initié par la compagnie pour enclencher la procédure « Renault » en cas de licenciement collectif.

« Ryanair ignore sciemment les lois du travail belges », en déduit BeCa. L’association a par ailleurs consulté des documents de la compagnie indiquant, selon BeCa, que des engagements de personnel navigants sont planifiés dès que la reprise sera confirmée mais à des barèmes encore inférieurs à ceux qui seraient mis en place dans les semaines à venir.

« Un chantage à l’emploi »

« Ryanair profite de la crise du coronavirus pour s’engager dans un chantage à l’emploi et aux conditions de travail inacceptable », critiquent les pilotes. Enfin, l’association déplore que « Ryanair n’a toujours pas rempli correctement les documents nécessaires pour permettre à ses employés de bénéficier des allocations de chômage temporaire, auxquels ils ont pourtant droit en tant que cotisants à la sécurité sociale belge ». Ainsi, nombre de ses employés basés en Belgique n’ont pas perçu leurs indemnités de chômage dues depuis le début de la crise, malgré les demandes répétées à la compagnie. La Belgian Cockpit Association (BeCA) exhorte donc la compagnie irlandaise « à procéder immédiatement à la régularisation de la situation de ses employés ».