Des millions d’animaux tués par des éleveurs faute d’abattoirs

AFP / Fred Tanneau

Le 29 avril dernier, le président américain Donald Trump signait un décret ordonnant aux producteurs de viande de maintenir leur activité. Dans le même temps, près de vingt abattoirs ont été forcés de fermer aux Etats-Unis du fait des mesures de confinement. Conséquence de cela, des fermiers ont entamé l’abattage massif de leurs animaux.

D’après le quotidien britannique The Guardian, ce sont près de deux millions d’animaux qui auraient déjà été abattus. Outre le gaspillage alimentaire, c’est également la méthode choisie qui fait polémique: la suffocation par obstruction des voies respiratoires ou l’arrêt de la ventilation des fermes.

Près de deux millions de poulets ont ainsi déjà été tués dans des fermes de l’Etat du Delaware, propriétés de la Delmarva Poultry Industry. « Avec un personnel réduit, de nombreuses usines ne sont pas en mesure de traiter les poulets au rythme prévu avant les  mesures de confinement et de distanciation sociale », a expliqué la société.

Près de 700.000 porcs par semaine devront également être tués dans l’Iowa parce que les établissements de transformation de viande reste portes closes.

Du gaspillage

« En plus des pénuries de viande, il s’agit d’un grave problème de gaspillage alimentaire », explique John Tyson, le président de Tyler Foods, l’un de ces compagnies. « Les agriculteurs du pays entier n’auront tout simplement pas d’endroit où vendre leur bétail, alors qu’ils auraient pu nourrir le pays. »

Reste que la méthode d’abattage est très critiquée, notamment par l’association de défense animale, Mercy for Animals. Les poulets sont en effet recouverts d’une mousse qui obstruent leurs voies respiratoires, une méthode « inhumaine » qui prend plusieurs minutes.

Quant à l’arrêt des systèmes de ventilation, « les animaux meurent d’une défaillance des organes en raison d’une surchauffe de leur corps », déplore Mercy for Animals.