Bolsonaro qualifie désormais le coronavirus de « plus grand défi » posé à sa génération

Sergio LIMA / AFP

Le président brésilien Jair Bolsonaro a admis mardi que l’épidémie de Covid-19, qu’il qualifiait jusque-là de « petite grippe », constitue « le plus grand défi » posé à sa génération, tout en maintenant que la lutte contre la pandémie ne devait pas nuire à l’économie.

« Le Brésil a beaucoup progressé ces quinze derniers mois (depuis son arrivée au pouvoir, ndlr) mais à présent nous sommes face au plus grand défi de notre génération », a reconnu le président d’extrême droite, lors d’une allocution solennelle.

« Nous avons une mission, sauver des vies sans oublier les emplois »

Jair Bolsonaro n’a cessé de minimiser l’ampleur de l’épidémie due au coronavirus et a fustigé les mesures de confinement prises dans le monde et par la majorité des Etats brésiliens, leur opposant la nécessité de préserver l’économie et l’emploi. « Nous avons une mission, sauver des vies sans oublier les emplois », a-t-il déclaré lors de son discours, dans la nuit de mardi à mercredi.

« D’une part, nous devons être prudents, prendre des précautions avec tout le monde, principalement avec les plus âgés et ceux qui souffrent de maladies sous-jacentes. D’autre part, nous devons lutter contre le chômage qui croît rapidement, particulièrement chez les plus pauvres », a argué le président. « L’effet collatéral des mesures prises pour combattre le coronavirus ne peut pas être pire que la maladie elle-même », a-t-il justifié.

Des concerts de casseroles ont accueilli son bref discours dans les grandes villes du pays. Ses prises de position hostiles au confinement de la population vont à l’encontre des recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et des experts, y compris son ministre de la Santé Luiz Henrique Mandetta, un médecin.