Didier Raoult, scientifique fou ou génie face au coronavirus?

AFP / G. Julien

C’est l’un des scientifiques dont on entend le plus parler en cette période de crise liée au coronavirus. Le professeur Didier Raoult affirme à qui veut l’entendre que la chloroquine traite cette maladie en pleine pandémie. Fortement critiqué par ses collègues à l’international, cet expert atypique est pourtant convaincu de sa méthode. 

Didier Raoult a tout d’un scientifique fou, derrière ses longs cheveux gris et ses lunettes rondes tout droit venues des années 80. Pourtant, ce professeur, à la tête de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection à Marseille depuis 2011, est sûr d’avoir trouvé une méthode pour traiter le coronavirus. Il fait également partie des 11 membres du conseil scientifique Covid-19 auprès du gouvernement français.

Persuadé de son traitement 

Début février, il estimait que cette maladie, qui fait désormais l’objet d’une pandémie, n’était « pas si méchante » et avait défendu l’usage de la chloroquine pour la contrer. En effet, cette molécule, utilisée depuis 75 ans contre le paludisme, pourrait, selon lui, venir à bout du coronavirus.

Et ce n’est pas l’évolution exponentielle de ce virus qui a fait changer le scientifique d’avis. Il a d’ailleurs traité 24 de ses patients avec de l’hydroxychloroquine. Au bout de six jours, Didier Raoult avait obtenu de bons résultats, puisque 75% d’entre eux présentaient une charge virale négative, c’est-à-dire que le virus a disparu et les patients n’étaient plus contagieux. A titre de comparaison, 90% des patients traités sans chloroquine, à Nice et Avignon, seraient encore contagieux au bout du même nombre de jours.

Soutien de Donald Trump

Le scientifique a d’ailleurs été soutenu par Donald Trump, qui a vanté le recours à la chloroquine pour traiter le coronavirus, suite aux essais en France et en Chine: « Nous allons pouvoir rendre ce médicament disponible quasiment immédiatement. C’est très excitant. Je pense que cela pourrait changer la donne. Ou peut-être pas. Mais d’après ce que j’ai vu, cela pourrait être le cas. »

Toutefois, l’organisme fédéral qui supervise la commercialisation des médicaments aux États-Unis ne s’est pas montré aussi enthousiaste que le président, car le traitement n’avais pas encore été approuvé pour le Covid-19.

« Je suis celui le plus en avance »

Désormais, Raoult et son équipe ont décidé de donner de l’hydroxychloroquine et de l’azithromycine à tous les patients infectés. « Nous avons aussi décidé, pour tous les malades fébriles qui viennent nous consulter, de pratiquer les tests pour le diagnostic d’infection à Covid-19 », précisait-on du côté de l’institut, ce qui n’a pas manqué de créer des files devant l’établissement dès lundi matin.

« Je me fous de ce que pensent les autres. Je ne suis pas un outsider, je suis celui qui est le plus en avance. Dans mon monde, je suis une star mondiale, je ne suis pas du tout à contre-courant. Je fais de la science, pas de la politique. Les maladies infectieuses, ce n’est pas très compliqué, c’est diagnostic et traitement », a-t-il affirmé dans les colonnes de « La Provence ».