Allier le sport à l’écologie, c’est possible

BELGA PHOTO JOHN THYS

Comme le reste du monde, le milieu sportif doit aussi faire face à de nouveaux défis écologiques qui le bouleversent.

Le sport et l’écologie sont deux mondes qu’il est souvent difficile de concilier. Que ce soit à un niveau amateur ou professionnel, la pratique d’un sport est généralement polluante. Ainsi, le Tour de France, avec ses hélicoptères, ses motos et ses centaines de voitures (sans oublier les millions de goodies en plastique distribués par la caravane) est par exemple considéré comme un des événements sportifs les plus polluants du monde. Critiqués à ce sujet, les organisateurs essayent de réagir depuis quelques années grâce à des initiatives préventives et réactives sur l’écologie.

En 2014, les Jeux Olympiques d’hiver, à Sotchi, avaient aussi été fortement critiqués pour leur impact écologique. Depuis, le Comité olympique semble avoir appris de ses erreurs et tente de montrer un visage plus vert. Les 5.000 médailles olympiques des JO de 2020 au Japon seront par exemple réalisées à partir d’anciens appareils électroniques recyclés. Pour ce faire, 6,21 millions téléphones portables ont été récoltés. Ils ont ensuite été triés, démontés et fondus pour les besoins du projet. Outre cette initiative, le comité d’organisation entend faire de cette édition «les Jeux les plus respectueux de l’environnement et les plus durables jamais organisés».

Normalement, cette démarche devrait être poussée encore plus loin dans quatre ans, aux JO de Paris. Les organisateurs, en partenariat avec le WWF, souhaitent en effet que l’événement respecte l’Accord de Paris. Ils visent notamment des Jeux 100% renouvelables au niveau énergétique, mais aussi la réduction de l’empreinte carbone dans les assiettes ou un choix de matériaux plus respectueux de la planète. Le combat est cependant encore loin d’être gagné dans toutes les disciplines, à l’image des derniers mondiaux d’athlétisme qui se sont déroulés en septembre dernier dans un stade climatisé au Qatar.

Des initiatives personnelles

Si des initiatives sont de plus en plus souvent prises au niveau professionnel, cela ne doit pas empêcher les sportifs du dimanche d’également jouer leur rôle grâce à plusieurs petits gestes du quotidien. Comme dans votre vie de tous les jours, troquez par exemple les bouteilles en plastique par une gourde réutilisable. Idem pour l’alimentation durant l’effort, qui peut très bien se composer de fruits ou de recettes de votre composition. Lors d’un événement sportif, refusez également les goodies et autres flyers qui finissent, au mieux, au fond d’un tiroir ou, plus généralement, dans une poubelle.

Optez également pour des habits de seconde main ou de marques qui ont décidé d’avoir un impact positif sur la planète. La marque Patagonia s’engage par exemple à reverser au moins 1% de son chiffre d’affaires à des associations environnementales. La plupart de leurs vêtements sont également conçus en matériaux recyclés ou en coton biologique. La marque française Picture Organic Clothing a, elle aussi, décidé d’adopter une démarche écologique grâce à des matériaux favorisant le développement durable et une production éthique et équitable.

Lancez-vous dans le plogging

Et pour ceux qui voudraient aller encore plus loin, une nouvelle pratique fait parler d’elle depuis plusieurs années: le plogging, une contraction de «plocka upp», «ramasser» en suédois, et «jogging». Tout droit venue de Suède en 2016, cette activité sportive qui combine le jogging et le ramassage de déchets a rapidement fait son trou dans le reste du monde. Depuis plusieurs années, il n’est en effet plus rare de voir des ploggeurs parcourir les routes belges à la recherche de déchets. Plusieurs groupes ont même été créés dans certaines villes alors que des ploggings collectifs sont ponctuellement organisés aux quatre coins du pays, généralement dans le cadre de journées de sensibilisation à la propreté. Preuve que la pratique est utile, on estime que chaque ploggeur ramasse en moyenne 1,5 kilo de déchets à chaque sortie.

Ph. Plogga

Clément Dormal

Du changement aux 20 kilomètres de Bruxelles

Souvent cités comme mauvais élèves, les organisateurs de courses à pied tentent également de trouver des solutions au problème de la production de déchets. Au marathon de Londres l’année dernière, les bouteilles d’eau ont par exemple été remplacées par des boules d’eau comestibles dont l’enveloppe est fabriquée à base d’algues et de plantes. Du côté des 20 kilomètres de Bruxelles qui se tiendront le 31 mai prochain, on a également décidé d’innover, même si la solution trouvée est moins originale. Les ravitaillements ne se feront en effet plus via des bouteilles en plastique, mais bien grâce à des gobelets en carton remplis par des scouts qui utiliseront des bouteilles en verre. «Depuis l’interdiction du plastique à usage unique, on a mis le focus cette année sur les changements au niveau des ravitaillements», explique Carine Verstraeten, organisatrice de la course mais aussi de la fête nationale. Exit donc les bouteilles en PET «recyclé et recyclable» pour cette nouvelle forme de ravitaillement. «On veut être cité en exemple», glisse Carine Verstraeten.