Quelle attitude adopter lors d’une rencontre avec un phoque sur la plage ?

BELGA PHOTO KURT DESPLENTER

On croise de plus en plus de phoques sur les plages du littoral. Les scientifiques demandent de ne pas s’en approcher, afin de ne pas leur nuire.

Les promeneurs se retrouvent de plus en souvent face à des phoques sur les plages de la mer du Nord. Beaucoup supposent, à tort, qu’un phoque sur la terre ferme est en difficulté. Ils s’en approchent alors, pour le voir de plus près, avant de faire part de leurs inquiétudes au Sea Life de Blankenberge. L’aquarium a ainsi reçu de nombreux appels inquiets au cours des dernières vacances. «On se retrouve avec des gens pleins de bonnes intentions, mais qui ne se rendent pas compte que leurs actions causent du stress aux animaux», déplore le Musée des sciences naturelles de Bruxelles. Il est toujours conseillé de laisser les phoques se reposer sur la plage, en restant à une distance d’au moins 20 m des animaux.

Goeiemiddag! Ik ben mooi, alert, stoer en een beetje agressief. Ik kom gewoon op het strand van Knokke om een beetje uitrusten. Hou jij ook 20m afstand? Dankjewel!

Posted by SEA LIFE Blankenberge on Tuesday, March 3, 2020

Que le phoque soit malade ou en bonne santé ne fait aucune différence. Les autorités expliquent toutefois comment différencier un animal bien portant d’un spécimen qui aurait besoin de secours. Il faut d’abord savoir que le phoque fait partie de la faune de la mer du Nord, et qu’il est donc normal de le croiser sur nos plages. Les phoques en bonne santé adoptent souvent la «position banane» (tête et queue relevées), ne montrent généralement aucune blessure, et sont alertes. Surtout, ils grognent lorsqu’on les approche. Les phoques malades ou blessés semblent beaucoup plus passifs, ils adoptent une «posture plate», tête et queue reposées. C’est uniquement face à ce genre de cas qu’il vaut la peine de contacter les services d’urgence locaux ou le Sea Life de Blankenberge, qui est le refuge spécialisé pour la Belgique.

De plus en plus de phoques visibles

Avec la multiplication des phoques qui viennent se reposer sur les plages, on constate un nombre constant de spécimens harcelés par des promeneurs, volontairement ou non. La multiplication des observations se constate également aux Pays-Bas voisins, ainsi que sur la côte britannique. Outre le phoque commun, qui se déplace souvent en groupe, on observe de plus en plus de phoques gris.

À la fin de l’hiver, ces derniers peuvent s’installer sur les plages en présentant des signes de mauvaise forme. Il ne faut pas s’en inquiéter. Il s’agit souvent de mâles épuisés après la saison des amours. Ils peuvent alors sembler maigres et adopter une «posture plate». Les phoques gris s’accouplent principalement en décembre-janvier, et les mâles se livrent à des combats intenses pour gagner la préférence des femelles. Les mâles tardifs et inexpérimentés (qui n’ont pas obtenu ce qu’ils cherchaient au plus fort de la saison des amours, et qui ont poursuivi plus longtemps leurs efforts d’accouplement et leur combativité) peuvent ainsi se reposer sur les plages jusque plus tard dans la saison. «Tout ce dont ils ont besoin, c’est de repos», soulignent les scientifiques du Musée des sciences. «Il n’est pas question de leur donner de la nourriture, ils n’ont pas besoin d’être mouillés (ce ne sont ni des dauphins ni des baleines).» Et de conclure: «Appréciez leur présence à distance, abandonnez l’envie d’un «sealfie» (selfie avec un phoque) et veillez à tenir votre chien en laisse sur une plage où il y a un phoque!»

Camille Goret