L’hibernation des ours perturbée par le dérèglement climatique

Unsplash / J. Cotten
Le changement climatique a un impact sur notre environnement, et ce constat n’est plus à démontrer. Il a parfois des conséquences étonnantes sur la faune, la flore et les être humains. En fait partie, le raccourcissement de la durée d’hibernation des ours, ce qui est d’ailleurs problématique…
L’hibernation des grizzlis et des ours est complètement perturbée par le changement climatique aux Etats-Unis et en Russie. Si cela semble anecdotique, c’est loin de l’être pour les habitants de ces régions parfois reculées. Le début d’année 2020 a été particulièrement chaud, ce qui a avancé la date de fin d’hibernation de ces majestueux animaux.

Des Etats-Unis à la Russie

Le 28 février dernier, au Canada, les responsables du Rocky Moutain Park (parc des montagnes Rocheuses) ont posté sur le web une photo d’un grizzli en pleine balade. Pourtant, les premiers ours sortent généralement de leur hibernation à la mi-mars, soit deux semaines plus tard. Pour les responsables du parc, qui ont constaté avec étonnement le phénomène, c’est le réveil le plus précoce auquel ils aient assisté, comme ils l’ont expliqué à la revue « Geo ».

Même son de cloche du côté du zoo de Moscou, qui a rapporté la nouvelle sur son site officiel. La directrice générale Svetlana Akulova a donc expliqué que Roza, Alladin et Budur sont sortis de leur hibernation dès février. Et si même les ours conservés au sein de zoos se réveillent si prématurément, la nourriture ne peut pas être la cause de la précocité de ce réveil. C’est bien la température qui poussent ces animaux à sortir plus tôt que prévu de leur hibernation.

Des conséquences pour l’homme

« Nos zoologistes s’attendaient à ce que les ours se réveillent plus tôt à cause de l’hiver anormalement chaud », a d’ailleurs souligné Svetlana Akulova dans les colonnes The Moscow Times. Malheureusement, ce réveil prématuré ne permet pas aux ours sauvages de directement trouver de quoi se nourrir, lors des dernières semaines d’hiver. Conséquence directe de cette recherche avancée de nourriture: les ours risquent de se rapprocher des villes.

« Nous avons eu bien moins de neige cet hiver, et les températures ont été plus élevées que la normale, incitant encore davantage les ours à se réveiller et chercher de la nourriture », a expliqué Andy Timmins, un biologiste du « Fish and Game Department » de l’État.

Résultat : les ours partent déjà en quête de nourriture. Et ils risquent de se rapprocher des villes. De quoi effrayer ceux qui résident près d’une forêt russe ou d’un parc naturel américain.

Article suivant: