Le zéro déchet au quotidien, une question d’habitudes

Dans la maison, au travail, à l’école, tout un ensemble de petits gestes permet de faire la différence et d’adopter un mode de vie moins polluant au quotidien.

Dans la salle de bain

À la salle de bain, plusieurs petites alternatives très simples permettent d’avoir une démarche plus écologique. On commence par les brosses à dents fabriquées en plastique non recyclable. Une fois jetées, ces dernières sont soit brûlées, soit abandonnées dans la nature. On optera donc pour une brosse à dents à tête remplaçable, avec par exemple des poils en soie de porc, et avec un manche bois, en bambou, en amidon de maïs, ou en fibre de blé. En ce qui concerne le dentifrice, on peut essayer de le faire soi-même, que ce soit sous la forme de poudre ou de pâte. En notant bien que le produit final n’aura pas de goût (sauf si l’on rajoute un peu d’huile essentielle) et ne moussera pas.

«On nous a donné le sentiment que la mousse était essentielle alors qu’en fait elle n’apporte rien», rassure Sylvie Droulans, conférencière, organisatrice d’ateliers et auteure de deux livres sur le zéro déchet. Si cette caractéristique vous perturbe, vous pouvez toujours passer par une étape intermédiaire avec un dentifrice qui aura toujours des petits agents moussants naturels, avant d’utiliser celui qui ne mousse pas. Autre geste simple à adopter: passer du gel douche emballé au gel douche acheté en vrac ou au bon vieux savon en bloc, qui tient tout aussi longtemps, est aussi efficace, mais surtout beaucoup moins polluant. Pensez également à vous débarrasser de vos cotons tiges en optant pour les cure-oreilles. Idem pour les lingettes démaquillantes jetables qui deviennent lavables.

Dans la chambre

Pour une démarche zéro déchet dans la chambre, il faudra presque inévitablement mettre la main au portefeuille en optant pour des alternatives durables qui ont l’avantage de ne pas devoir être changées tous les dix ans. Plutôt que de partir sur un matelas synthétique, vous pouvez par exemple opter pour un matelas en latex naturel. Un choix notamment réalisé par Sylvie Droulans qui affirme que son matelas est «toujours impeccable» après 20 ans. En ce qui concerne les couettes et oreillers, choisissez ceux remplis de plumes, notamment d’oie. «C’est plus cher mais une bonne couette en plumes naturelles va isoler beaucoup plus qu’une couette en synthétique et va tenir des années si on l’utilise et l’entretient bien», explique-t-elle. Et pour la housse de couette, pourquoi ne pas partir sur du coton écologique?

Aux toilettes

C’est parfois ici que le bât blesse. Il n’existe pas 36.000 alternatives pour se passer du papier toilette alors que, pour rappel, ce sont 27.000 arbres qui disparaissent chaque jour dans nos cuvettes au niveau mondial selon WWF. Un premier pas est d’opter pour du papier vendu dans du carton, et non dans le traditionnel paquet en plastique. Vous pouvez également investir dans du papier toilette FSC ou, si vous vous sentez prêts, opter pour des lingettes lavables à placer dans un bac fermé destiné à la machine.

«Il faut casser le préjugé et je sais que quand on entre dans ce sujet-là, c’est toujours un peu sensible. Mais il faut aussi accepter que tout le monde n’évolue pas de la même manière et que chacun ait ses propres limites», rappelle Sylvie Droulans. Pour l’eau, essayez si possible de raccorder vos toilettes à un système de citerne d’eau de pluie. Pensez à installer un système de doubles touches qui permettent d’actionner des «demi-chasses», en n’oubliant pas qu’il n’est pas nécessaire de tirer la chasse à chaque passage. Pour le reste, il existe également le système des toilettes sèches qui est très efficace.

Au bureau

Si changer ses habitudes est une question personnelle à la maison, faire changer celles des autres au bureau est souvent plus compliqué. Pour y arriver, le plus simple est probablement de montrer le bon exemple en essayant de changer les choses petit à petit et en faisant d’abord comprendre l’utilité de la gourde, de couverts non jetables ou de la boîte à tartines.

«Le fait de venir soi-même avec ses objets réutilisables va un jour interpeller les gens. C’est une première étape. Et puis, cela va peut-être insidieusement rentrer dans leur esprit, un peu comme la publicité. Cela va provoquer une prise de conscience», détaille Sylvie Droulans. Elle estime aussi que ce sont aux entreprises à réagir, en proposant de base des objets réutilisables et lavables tout en bannissant le jetable.

Clément Dormal

Et les enfants?

Pour sensibiliser les enfants, autant s’y prendre dès le plus jeune âge en adoptant les bons gestes à la maison, mais aussi à l’école en leur donnant une gourde et une boîte à tartines. Le but étant que ces petits gestes deviennent naturels pour eux en grandissant. «Si on lui explique bien, en disant qu’on en a marre de voir tous ces déchets plastiques qui sont jetés, l’enfant va se dire que c’est tout à fait logique», selon Sylvie Droulans. Après, certains âges seront sûrement plus difficiles à convaincre que d’autres. Surtout l’adolescence, une période pendant laquelle on s’identifie beaucoup à l’autre. «Il faut qu’il se rende compte que sa différence est une force», conclut-elle.

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Qui est Sylvie Droulans?

Sylvie Droulans travaille dans la communication et anime le blog Zerocarabistouille.be, un site dans lequel elle raconte son expérience familiale sur le zéro déchet. Elle y propose également des astuces, des pistes, des bonnes adresses mais également des questionnements sur sa pratique écologique. Conférencière et country manager du réseau Vrac Belgique, Sylvie Droulans est également auteure de deux livres sur le zéro déchet: «Le zéro déchet sans complexes» et «Zéro déchet – Guide pratique pour toute la maison», ce dernier étant un guide pour aborder le zéro déchet pas à pas et de manière ludique. Grâce à sa démarche, la famille de Sylvie Droulans, composée de quatre personnes, ne produit plus qu’un bocal de 1,6 l de déchets par an.

«Le zéro déchet sans complexes» de Sylvie Droulans, éditions Racines, 192 pages, 19,95 €

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