Losers Revolution : la comédie belge au goût américain

Il est partout! Qu’il soit maître de cérémonie des Magritte ou dealer du dimanche avec Florence Foresti dans ’Lucky’, Kody aime explorer les frontières de la comédie. Pas étonnant de le retrouver à l’affiche de ’Losers Revolution’, le film belge qui sort du moule pour s’amuser avec les codes de la comédie américaine.

Mise à jour : Nouveau départ pour Loser Revolution. Deux jours après sa sortie, la crise traversée par notre pays a entraîné la fermeture des salles de cinéma. Face à cette situation, un élan de solidarité est né de la part des distributeurs, producteurs, opérateurs et de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui proposent de retrouver les films belges sortis juste avant le lock down, ou prévus pendant celui-ci sur toutes les plateformes belges. Dès ce vendredi 20 mars, Losers Revolution sera disponible sur les plateformes VOD suivantes: Proximus, VOO / BeTV et UniversCiné.

Comment a commencé l’aventure ’Losers Revolution’?

Kody Kim: «C’est une idée de Thomas Ancora [qui écrit, réalise et joue dans le film, NDLR] et de sa productrice Annabella Nezri de Kwassa Films, avec qui j’avais failli développer un documentaire sur le sujet de l’humour. On a fini par se retrouver, parce que la Belgique c’est tout petit, et Bruxelles encore plus.»

Vous y jouez Mehdi, un des trois losers du film…

«C’est le timide de la bande, souvent réduit au fait qu’il est noir, juif et homosexuel. C’était marrant d’oser déconner avec ça. Mehdi est un gars très réservé, forcé de se travestir dans une téléréalité pour faire le buzz. Au début il panique… pour finir par complètement se lâcher. Ça va loin, avec un paquet de drogues au programme. Je n’encourage personne à prendre des substances illicites, ça va de soi, mais c’est très amusant à jouer.»

Quelle était la scène la plus fun à tourner?

«Celle du motel, où tout part en sucette avec les dealers italiens d’un côté, et le psychopathe flamand de l’autre. Ça finit en bataille et je me prends une bouteille en verre sur la tête. C’était ma première cascade (rires).»

Vous étiez un loser à l’école?

«Non, j’ai sauté cette étape. J’étais super timide, mais un jour j’ai compris que l’humour pouvait fédérer autour de moi. Je suis devenu un non-loser prêt à défendre les losers opprimés!»

Le film est vendu comme le ’Very Bad Trip’ belge…

«On suit les codes de la comédie américaine! En Belgique, on a la capacité de faire les meilleures vannes. On a l’humour, la créativité et l’audace. Il suffit de voir ‘C’est arrivé près de chez vous’. Mais la culture anglo-saxonne envoie du lourd. Mes parents habitaient à Rhode-Saint-Genèse, donc j’ai grandi avec la télé flamande. J’y ai découvert les talk-shows américains de Jay Leno et le stand-up d’Eddie Murphy. La claque!»

Quel était votre objectif en acceptant de présenter la cérémonie des Magritte du cinéma, en février dernier?

«Je me suis dit que je voulais lui donner une petite touche funky, et faire le show. Je voulais de l’impertinence, aussi, c’est important! Ricky Gervais donne le ton aux Golden Globes en tirant sur tout le monde. Florence Foresti n’a pas fait de cadeaux non plus en présentant les Césars, même si elle m’a confié quelques jours avant que c’était franchement tendu (rires).»

Qu’est-ce que vous nous réservez pour la suite?

«Un nouveau spectacle et de nouveaux passages dans ’Le Grand Cactus’. Sur des chaînes françaises aussi, car nos capsules tournent à fond là-bas. On me reconnaît dans les rues de Paris, t’imagines? Même sans perruque (rires)! Sinon je reçois des scénarios et j’essaie d’en écrire un moi-même. Il ne reste plus qu’à faire les bons choix.»

Stanislas Ide

Notre critique de Losers Revolution

Au lycée, vous étiez plutôt dans le camp des stars, ou des losers? Simon, Mehdi et Fred (Clément Manuel, Kody Kim, Baptiste Sornin) boxaient clairement dans la seconde catégorie. La réunion des anciens est l’occasion parfaite de se venger… Sur le papier, on voit ce que ‘Losers Revolution’ veut faire: un teen movie sauce Bicky. En pratique, on est plutôt sur la parodie de télé-réalité peuplée de visages familiers (Vizorek, Rongione, Andres, Garbarski). L’intention est louable: le cinéma belge francophone manque cruellement de comédies populaires -et celles qui existent sont sous-financées (‘Les Barons’, ‘Marbie’, celle-ci) ou coproduites en France (‘Lucky’). Les intentions ne suffisent hélas pas à combler l’absence d’ambition cinématographique, ni à faire décoller les blagues, souvent forcées, d’un film qui cherche tellement à plaire qu’il en oublie sa confiance en lui. Cela dit, la plupart des films ‘cultes’ se sont fait d’abord snober par la critique. C’est tout le mal qu’on leur souhaite.(em) 1/5