Comment se rapprocher du zéro déchet en cuisine

En cuisine comme dans les autres pièces de la maison, il est possible d’agir au quotidien pour diminuer sa production de déchets.

Se préparer

Si vous souhaitez vous lancer dans une démarche zéro déchet en cuisine, la première étape est d’acquérir le matériel qui vous permettra d’éviter d’utiliser du plastique au moment de vos courses. En investissant notamment dans des bocaux, boîtes et autres sacs en tissu qui vous serviront pour transporter vos aliments. Et si vous avez encore des sacs en papier kraft ou en plastique, utilisez-les le plus longtemps possible avant de les jeter. «Si j’ai l’outil chez moi, autant essayé de lui donner la plus longue vie possible», explique Sylvie Droulans, conférencière, organisatrice d’ateliers et auteure de deux livres sur le zéro déchet. «Une fois qu’il sera abîmé ou déchiré, on peut s’équiper d’autre chose». Pour ce faire, redoublez de créativité et regardez dans votre domicile ce qui peut vous aider dans cette démarche. En ce qui concerne les sacs en tissu, pourquoi ne pas les coudre vous-même? Il est également possible d’en acheter en magasin ou de demander autour de soi si quelqu’un est capable de les réaliser.

Bien choisir son lieu d’achat

Une fois préparé, il vous faut cibler l’endroit où vous allez acheter vos aliments, tout le monde n’ayant pas un magasin en vrac près de chez soi. Si avoir une démarche zéro déchet est plus facile dans certains lieux plutôt que dans d’autres, il est désormais possible d’acheter des produits sans emballage dans de nombreuses grandes surfaces. «On peut se dire que, dans les lieux où l’on va d’habitude comme les supermarchés, on peut avoir un impact pour limiter un maximum ses choix d’achats et aller vers des produits qui ne seront pas suremballés.», détaille Sylvie Droulans. Une démarche facilitée par de plus en plus de grandes surfaces qui commencent à mettre fin à certains non-sens, en proposant notamment d’acheter des sacs réutilisables, ou en arrêtant d’emballer des produits bios sous une tonne de plastique. Et s’il ne vous est pas possible d’acheter sans emballage, soyez malins et privilégiez ceux qui seront facilement réutilisables. Pourquoi ne pas acheter des légumes dans un bocal en verre, lui-même réutilisé par la suite pour des courses ou pour stocker des aliments?

Cuisiner de saison

On l’oublie parfois, mais il est nécessaire de vérifier la provenance de ses denrées alimentaires toute l’année dans le cadre d’une démarche zéro déchet. Pour cela, on achète un maximum de fruits et légumes de saison. Ce qui demandera, du moins au début, un peu de créativité. «À cette période en Belgique, on n’est pas conscient qu’il y a plein de légumes disponibles. Les choux verts, rouges, de Bruxelles, les légumes racines, les rutabagas, le persil tubéreux… Ce sont tous des produits qu’on n’a pas l’habitude d’acheter en grande surface car on n’y voit que des produits standards comme les tomates, les carottes, les pommes de terre…», poursuit Sylvie Droulans. Si la démarche peut être déstabilisante dans un premier temps car on ne sait pas comment cuisiner certains aliments, elle permet toutefois de (re)découvrir certaines saveurs et recettes.

Limiter le gaspillage d’énergie

En cuisine comme ailleurs, on essaye de minimiser un maximum sa consommation d’énergie grâce à plusieurs gestes simples. On met, par exemple, un couvercle sur chaque casserole, on remplit sa bouilloire avec la quantité d’eau nécessaire et on évite de mettre des aliments encore chauds au frigo… En ce qui concerne le four, on ne le préchauffe que si c’est nécessaire et on n’hésite pas à le couper cinq minutes à l’avance, la chaleur étant conservée. Après son utilisation en hiver, n’hésitez pas à l’ouvrir pour que sa chaleur circule dans d’autres pièces.

Remplacer les objets jetables

S’il est nécessaire de faire des changements en amont pour renouveler sa façon d’acheter, plusieurs produits jetables de notre cuisine peuvent également être remplacés par d’autres qui sont, eux, réutilisables. En tête de ces produits, on retrouve le bien nommé papier essuie-tout qui peut être remplacé par une éponge ou un linge lavable en fonction de la situation. Pensez également à acquérir une feuille de cuisson réutilisable pour remplacer la jetable, ou encore un film imperméable à base de cire d’abeille à la place de votre film alimentaire en plastique.

Clément Dormal

Le bio, vraiment plus cher ?

C’est un argument que l’on entend souvent. Certaines personnes ne souhaitent pas passer au bio car ces produits seraient souvent plus chers. Une réalité que ne nie pas Sylvie Droulans, même si elle souhaite la nuancer. «Quand on décide de se lancer dans une démarche bio et zéro déchet, on remet en question un ensemble de produits dont on n’a plus besoin. Ce qui fait qu’on se tournera beaucoup moins vers ceux qui sont souvent ultra-transformés et ultra-emballés. On évacue donc plein de produits qui sont nocifs pour la santé, mais on va surtout diminuer ses dépenses dans des produits ultra-transformés qui coûtent aussi beaucoup d’argent. En récupérant cet argent, on peut le placer dans un autre type de nourriture plus qualitative, plus locale, et plus bio», conclut-elle.