« Habiter dans une tiny house, c’est un retour à la réalité »

Ph. Y. Dolezall

En ce moment, Yasna Dolezal construit au sens propre la maison de ses rêves, mais la jeune étudiante en «dessin et technologie en architecture» de 21 ans n’a absolument pas une brique dans le ventre, contrairement à la majorité des Belges! Sa tiny house (micromaison) flambant neuve se dresse en effet dans le jardin de ses parents à Olen. «Je ne pourrai pas y emmener 90% de mes affaires.»

D’où vous est venue l’idée de construire une micromaison?

Yasna Dolezal: «Après avoir terminé mes études secondaires, je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire. Jusqu’à ce que, par hasard, je regarde sur YouTube une vidéo d’une personne qui était en train de construire une tiny house. Cela m’a d’emblée intriguée et j’ai fait des recherches. Un an plus tard, j’avais terminé les plans de ma propre micromaison et je pouvais commencer sa construction. Normalement, elle sera entièrement terminée en juin et j’y emménagerai avec mon amoureux, Dries. Il ne reste plus que les finitions intérieures à faire.»

Pourquoi vouliez-vous absolument construire une tiny house?

«Les finances et l’environnement ont joué un rôle important dans notre décision. Cela nous permet de nous loger sans dette, car nous ne devons pas dépenser de l’argent pour un loyer, un prêt ou un terrain à bâtir. De ce fait, nous pouvons aussi travailler à mi-temps et quand même économiser pour voyager. L’enveloppe globale tournera autour des 20 à 30.000 euros.»

Il n’est pas évident de se lancer dans une telle entreprise. Quelle a été la réaction de votre entourage?

«Mes parents n’y croyaient pas au début. (rires) Ils trouvaient l’idée totalement irréaliste, mais j’ai pu leur prouver que je savais de quoi je parlais et comment j’allais m’y prendre. Ce qui leur a donné un peu plus de confiance dans mon projet et ils m’ont même proposé de me prêter de l’argent. Et ce n’est pas tout, ils veulent maintenant eux aussi leur propre micromaison. (rires) Mon frère est actuellement aussi en train de construire sa micromaison. Je les ai contaminés en quelque sorte.» (rires)

Par quoi avez-vous commencé ce projet?

«J’ai d’abord fait le tri des choses que je voulais y emmener, puis j’ai longtemps chipoté et calculé pour déterminer la taille de ma tiny house et la répartition des espaces. Je voulais avoir suffisamment de place pour notre espace de nuit, car il faut qu’il soit quand même confortable. Je voulais aussi avoir une grand bibliothèque, parce que j’adore lire. Autre critère important, il devait y avoir suffisamment de place pour mes deux petits chiens. (rires) Notre micromaison a 4 mètres de haut et un volume d’environ 21 m2

Avez-vous beaucoup fait vous-même?

«Oui, pratiquement tout en fait, sauf le toit en zinc. Nous avons confié sa réalisation à des professionnels. Mon ami met depuis quelque temps aussi la main à la pâte, si bien que c’est un peu devenu ‘notre projet’. Cela nous permet aussi d’économiser pas mal d’argent.»

«J’ai énormément appris sur la façon de construire une micromaison. Si c’était à recommencer, je m’y prendrais autrement. Mon plan original consistait, par exemple, à utiliser une remorque spéciale pour tiny house. J’ai changé d’idée à la dernière minute et j’ai opté pour une remorque sur mesure. Je ne le ferai plus jamais parce que cela m’a demandé pas mal de boulot et de temps en plus. Je conseille dès lors à tous ceux qui envisagent de construire une micromaison d’opter pour une remorque pour tiny house.»

Quid si votre maison devait quand même être trop petite?

«Nous n’avons pas envisagé ce cas de figure. (rires) Si cela devait être le cas, j’en construirais une nouvelle, encore mieux conçue ou plus longue. Pas question pour nous d’acheter une maison ou un appartement.»

Serez-vous aussi autosuffisants?

«C’est le but, oui. Pour l’instant, nous nous trouvons dans le jardin de mes parents et nous utilisons leur électricité et leur eau. Mais nous avons fait creuser un puits très profond dans le jardin. (rires) Nous disposons ainsi d’eau souterraine que nous pouvons filtrer et utiliser. Nous n’avons pas besoin d’eau pour nos toilettes, car nous avons installé des toilettes sèches. D’ici un an, nous aimerions déménager et dès lors notre but est de recueillir notre eau et d’installer des panneaux solaires sur notre toit.»

Quel est le conseil le plus précieux que vous donneriez aux personnes qui veulent construire leur tiny house?

«Soyez réalistes par rapport à tout ce que vous voulez mettre dans votre micromaison. Beaucoup de gens adorent l’idée d’avoir une tiny house, mais ne la réalisent pas parce qu’ils ne peuvent pas emmener toutes leurs affaires. Pour moi, cela a été un véritable retour à la réalité quand j’ai compris que je ne pourrai probablement pas emporter 90% de mes affaires. Et avant de construire, il est aussi important de savoir où vous voulez installer votre micromaison. Malheureusement, il est encore très difficile en Belgique de trouver des emplacements. J’espère que la communauté des micromaisons va se développer dans les prochaines années, de façon à ce qu’une solution soit rapidement trouvée à ce problème.»

Si vous voulez suivre le projet de Yasna et Dries, allez jeter un œil sur leur compte Instagram tinyhousewoody.