L’extraordinaire voyage de Marona est de loin le film le plus inventif que vous pourrez voir cette année

Dans la vie, tout tourne autour de l’amour et de l’amitié. Le splendide film d’animation ‘L’extraordinaire voyage de Marona’ emballe cette idée dans l’histoire fascinante d’un chien qui passe de maître en maître et se donne à chaque fois complètement. ‘Marona’ fera ce vendredi l’ouverture du festival du film d’animation ANIMA. Ce sont donc des semaines très chargées pour la réalisatrice, Anca Damian, qui a néanmoins trouvé le temps de répondre à ces trois questions.

Avez-vous des animaux chez vous?

«J’ai un chien, oui. Mon fils l’a ramené un jour à la maison et a déclaré qu’il irait vivre ailleurs s’il ne pouvait pas le garder. Aujourd’hui, mon fils est grand, il a quitté le nid et cela fait plusieurs années déjà que c’est mon chien. Mais c’est quand-même grâce à mon chien que j’ai rencontré Marona. Car elle existe vraiment. Son pelage est marron, non pas noir et blanc comme dans le film. J’étais en promenade avec mon chien, et un autre chien a commencé à nous suivre. C’était Marona. Je ne parvenais pas à l’éloigner. J’avais tellement pitié d’elle que je suis partie à la recherche d’une famille d’adoption. Et j’ai remarqué qu’elle avait une influence manifeste sur les familles où elle arrivait. Elle dégageait tellement d’empathie que les gens commençaient à se comporter différemment entre eux.»

Votre film est émouvant, mais aborde aussi des thèmes plus sombres. Comment s’y prend-on quand on sait qu’il y aura aussi des enfants dans la salle?

«Les enfants ne sont pas idiots. Nous ne devons pas nécessairement les prendre avec des gants ou les surprotéger. Ils peuvent aussi supporter des thèmes qui ne s’appliquent pas directement à leurs propres jeunes vies. On peut parler avec eux de la vie et de la mort, des adieux, de l’amour, de la souffrance. Les histoires classiques contiennent souvent des leçons de vie archétypales et philosophiques importantes. Ce qui compte, c’est de montrer des émotions sincères et de faire en sorte qu’ils puissent apprécier l’histoire. Dans ce cas, ce n’est pas un problème d’y intégrer une leçon de vie. Une histoire doit tout d’abord rester une chouette expérience.»

Au début du film, il y a une scène où la jeune Marona semble apprendre des choses dans des livres. Comment devons-nous interpréter cela, car les chiens ne savent pas lire, il me semble?

(rires) «Je me suis représenté la maison de la vieille dame chez qui naît Marona comme une grande bibliothèque. Et en Roumanie, d’où je viens, on raconte qu’on peut assimiler le contenu d’un livre en dormant dessus. Cette idée m’est toujours restée. Je présente donc cela comme si Marona s’endort sur ces livres et absorbe ainsi toutes ces connaissances. En vivant tout simplement dans cette maison remplie de livres, elle assimile en tant que chiot des connaissances sur l’univers. Quand elle débarque dans le monde, Marona a donc déjà un grand savoir livresque. Il s’agit alors de découvrir aussi la vraie vie.»

Le festival ANIMA se déroule du 21 février au 1er mars inclus à Bruxelles. Toutes les infos sur: www.animafestival.be.

Ruben Nollet

En quelques lignes

Neuf. Anna. Sara. Marona… Au cours de son existence aventureuse, le personnage principal du film d’animation ‘Marona’ reçoit un nouveau nom à plusieurs reprises. Il faut dire que Marona est une chienne et qu’elle passe – à chaque fois pour une raison différente – d’un maître à l’autre. Tous ses maîtres ne sont pas aussi gentils avec elle, mais la petite chienne est tellement affectueuse qu’elle parvient toujours à faire ressortir le meilleur chez les gens. La réalisatrice roumaine Anca Damian raconte en substance une histoire très simple dont on connaît la fin dès le début déjà. Mais cette simplicité émouvante est aussi sa grande force, elle permet à Damian de s’en donner à cœur joie sur le plan visuel. Et la réalisatrice ne se prive pas d’expérimenter et d’explorer les possibilités. ‘Marona’ est de loin le film le plus inventif que vous pourrez voir cette année, un feu d’artifice spectaculaire d’idées, de couleurs, de formes et de sons. Mettez de côté vos préjugés sur les films d’animation et emmenez tout le monde avec vous au cinéma. Vous ne le regretterez pas.(rn) 5/5