Comment lutter contre le brûlant ?

Ph. Pixabay

Après avoir mangé un aliment trop épicé ou trop gras, vous avez probablement déjà ressenti une sensation de brûlure au niveau de l’estomac. Une sensation désagréable qui, si elle devient trop fréquente, peut vous pourrir la vie.

Les reflux gastro-œsophagiens (RGO), plus communément appelés brûlures d’estomac ou « brûlant », sont causés lorsqu’une partie du contenu de l’estomac remonte dans l’œsophage, le tube qui permet le passage des aliments de l’arrière de la bouche à l’estomac. Ces remontées s’expliquent par l’ouverture de manière inopportune du sphincter inférieur de l’œsophage. Ce qui provoque les fameuses sensations de brûlure que tout le monde a déjà expérimentées. D’après Pharmaid, le réseau social pharmaceutique professionnel, « le RGO est fréquent s’il se manifeste au moins une fois par semaine, ce qui représente 8% de la population avec des reflux quotidiens dans un tiers des cas environ ».

Des aliments à éviter

Sans surprise, plusieurs facteurs favorisent l’apparition des douleurs. Un des plus fréquents, que l’on impute à de nombreuses autres maladies, est le tabac. Ce serait plus précisément la nicotine qui poserait problème. Tout un ensemble d’aliments, listés par l’hôpital de Montréal, peut également provoquer les symptômes. Il est notamment question d’éviter « le chocolat, la menthe poivrée, les boissons gazéifiées et les boissons contenant de la caféine ». Tout comme les « aliments très acides (incluant vinaigre, jus d’agrumes, agrumes et produits de la tomate), les aliments riches en gras (incluant frites, repas-minute et pizza) et les aliments épicés ».

L’alcool est aussi un facteur déclencheur chez certaines personnes. En fonction de votre expérience, il conviendra donc d’éviter ces aliments problématiques. Les personnes touchées essayeront aussi de ne pas manger avant d’aller au lit, de manger moins copieusement et de perdre un peu de poids. Enfin, il est déconseillé de s’allonger après un repas, mais aussi de surélever le lit du côté de la tête. À noter que le fait de se pencher en avant favorise également le reflux.

Lutter contre les symptômes

Malheureusement, il n’existe pas de remède miracle pour faire disparaître ces reflux gastriques. Comme cité ci-dessus, avoir une alimentation et un monde de vie sain devraient vous permettre de diminuer la fréquence des brûlures. Pour le reste, vous pouvez occasionnellement opter pour une demi-cuillère à café de bicarbonate de soude diluée dans de l’eau. Vous pouvez également absorber de l’aloe vera, que ce soit en pilule ou sous forme liquide, ou de la réglisse.

Au niveau médicamenteux, plusieurs solutions existent pour limiter les crises, même si elles ne permettent pas de « guérir » durablement. Des pansements gastriques peuvent par exemple être utilisés pour tapisser la muqueuse œsophagienne, et ainsi la protéger de l’agression de l’acide. Il est également possible de se tourner vers des antisecrétoires gastriques, ou des inhibiteurs de la pompe à protons, qui inhibent la sécrétion d’acide. Restent également les prokinétiques, qui améliorent la chasse par l’œsophage de son contenu.

« L’efficacité de ces traitements est telle que, chez la majorité des patients, la quasi-totalité des signes de RGO disparaît comme par magie », explique le Groupe hospitalier Diaconesses Croix Saint-Simon (Paris) sur son site. Attention toutefois, l’effet des médicaments semblerait s’épuiser chez de nombreux patients au fil des ans, ce qui favorise la réapparition ou l’aggravation des symptômes.

Et l’opération ?

Reste l’opération chirurgicale surtout envisagée après l’échec des traitements médicamenteux chez les malades jeunes et en bonne forme physique. À ce niveau, c’est la fundoplicature qui semble faire l’unanimité chez les professionnels de la santé. Cette opération consiste à envelopper la partie basse de l’œsophage avec la partie haute de l’estomac, explique la Société Nationale Française de Gastro-Entérologues. « C’est le procédé qui nous semble, comme à d’autres, assurer un fort taux de succès durable. C’est-à-dire, une absence de récidive du RGO, jugée à 5 ans, de l’ordre de 90%. Et cela avec un faible pourcentage d’effets secondaires indésirables », complète le Groupe hospitalier Diaconesses Croix Saint-Simon.

Clément Dormal

Quels sont les symptômes ?

Chez la plupart des souffrants, les symptômes sont limités à une gêne assez supportable. Ils se traduisent par une sensation de brûlant au creux de l’estomac, des remontées acides ou la sensation que des aliments remontent dans la bouche. D’autres symptômes, plus rares, peuvent également apparaître. Le RGO peut en effet également se manifester sous la forme de nausées, d’un hoquet, d’asthme, d’une toux ou plus globalement de douleurs au niveau de la gorge. Le reflux peut également causer des difficultés à avaler à cause d’ulcères et de plaies qui se forment sur la paroi de l’œsophage. Plus rarement, les cellules de la paroi de l’œsophage peuvent se transformer en cellules précancéreuses.