Berlinale : Le charme (très) discret du festival de Berlin

Photo: Britta Pedersen/dpa-Zentralbild/dpa

Maintenant que la saison des remises de prix est terminée, et que les Golden Globes, Oscars et Magritte ont été distribués, la Berlinale remet les compteurs ciné à zéro comme chaque année. L’édition qui commence ce jeudi est doublement importante : d’une part car c’est le 70e anniversaire du festival, de l’autre car c’est la première édition sous une nouvelle direction. Réussira-t-elle à raviver la flamme d’une manifestation en perte de vitesse face à Cannes et Venise ?

Devinette : qui était le lauréat de la Berlinale 2019 ? Sorti en mars dernier, ‘Synonymes’ de Nadav Lapid a peu marqué les esprits. Tandis que les Palmes de Cannes (‘Parasite’, ‘Shoplifters’) et les Lions de Venise (‘Joker’, ‘Roma’) obtiennent un ticket direct pour les Oscars, les films de Berlin, présentés dans le froid de février, se font plus discrets. Il faut dire que c’est le festival le plus sobre et ‘intello’ des trois : sa sélection cherche moins à plaire aux studios d’Hollywood qu’aux cinéphiles avisés – mais c’est aussi le plus accessible. On se demandait si la nouvelle direction (Carlo Chatrian en directeur artistique et Mariette Rissenbeek en directrice exécutive) allait changer la donne, mais le programme dévoilé le 29 janvier confirme une ligne éditoriale studieuse, pointue… mais avec quand même quelques paillettes. On l’a parcouru pour vous : si vous prévoyez une escapade hivernale, vous saurez qui guetter aux abords de Potzdamer Platz…

1 / SUR LE TAPIS ROUGE

Présidé par Jeremy Irons, le jury de cette 70e édition devra choisir l’Ours d’Or parmi 18 films en compétition – à commencer par celui de la cérémonie d’ouverture : ‘My Salinger Year’ de Philippe Falardeau (‘Monsieur Lahzar’) (sortie belge : fin 2020) avec Sigourney Weaver et Margaret Qualley (la fille d’Andie McDowell, vue dans le dernier Tarantino). Elle Fanning, Javier Bardem et Salma Hayek seront de la partie avec ‘The Roads Not Taken’ de Sally Potter, ainsi que Willem Dafoe (‘Siberia’ d’Abel Ferrara). Après François Ozon l’an dernier (‘Grâce à Dieu’), Kervern et Delépine (‘Aaltra’) représenteront la France avec ‘Effacer l’historique’, une comédie avec Blanche Gardin. Virginie Efira sera dans ‘Police’ d’Anne Fontaine, où elle joue les «fliquettes» aux côtés d’Omar Sy. Ce sera aussi le retour de Roberto Benigni, dans ‘Pinocchio’ de Matteo Garrone (‘Gomorra’). Enfin, dans ‘Minamata’, on trouve Johnny Depp dans le rôle principal. Le pirate des Caraïbes se déplacera-t-il jusqu’à Berlin ? Les paris sont lancés!

2/ CINÉMA D’AUTEURS, BELGES ET D’AILLEURS

Derrière le glamour des grands noms, les sections parallèles se distinguent par la richesse de leur programme. La Belgique y est un peu présente aussi via des films qu’elle a coproduits. Par exemple, dans la section «Generation 14plus» dédiée aux films « qui prennent les jeunes au sérieux » on trouve ‘Jumbo’ de Zoé Wittock (sortie belge 18 mars), une histoire d’amour particulière portée par Noémie Merlant (‘Portrait de la jeune fille en feu’), ou les adolescents paumés de ‘Pompéi’ de John Shank Anna Falguières (sortie belge 4 mars). Au «Panorama», la section queer et politique, on pourra découvrir ‘Exils’ de Visar Morina sur le harcèlement au travail, un western moderne sur un fermier grec (‘Digger’) ou encore un documentaire sur la transidentité (‘Petite Fille’). Sans oublier le «Forum», section rebelle dédiée au cinéma expérimental, où sera présenté ‘Petit Samedi’ de Paloma Sermon-Daï, qui a pour décor un village wallon, ou encore ‘Télé Réalité’, où une équipe de TV congolaise s’intéresse au carnaval belge…

Notre conseil si vous êtes tentés : tout miser sur dimanche 1er mars. Traditionnellement, le dernier jour de la Berlinale, tous les films gagnant sont projetés de nouveau : c’est le ‘Publikumstag’, le seul jour où le public a priorité par rapport à la presse – avec des billets à prix spécial !

70e festival de Berlin – du 20 février au 1er mars – programme et tickets sur www.berlinale.de